Seuls trois candidats à la présidence se sont engagés dans le processus de contestation des résultats du scrutin du 28 novembre.
En retrait depuis la journée électorale, le candidat de l'Inité, Jude Célestin, estime qu'il a été élu au premier tour. M. Célestin, qui revendique 52% des votes, déplore la mise en quarantaine de nombreux procès verbaux. A l'exception de son directeur de campagne, les autres membres du directoire de l'Inité n'ont pas revendiqué une élection de M. Célestin au premier tour.
La contestation de M. Célestin s'oppose à celles des autres candidats qui l'accusent d'avoir été le principal auteur des fraudes massives. Michel Martelly à plusieurs reprises a dénoncé les magouilles du CEP, du gouvernement et de l'Inité.
Michel Martelly et Charles Henry Baker, qui se sont également engagés dans le processus de contestation, réclament l'annulation pure et simple du scrutin entaché de fraudes massives et de graves irrégularités.
A partir de ce jeudi, les Bureaux de Contentieux Electoraux Départementaux devront statuer sur ces dossiers. Arrivée en tête du premier tour, Mme Manigat n'a pas engagé de procédure de contestation. Elle a également rejeté l'offre de recomptage des votes.
Les autres candidats Anacacis Jean Hector et Yvon Neptune, qui n'ont pas réclamé l'annulation du scrutin sont disposés à accepter les resultats du CEP.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18572
Commentaire
Jude Célestin contestant les résultats des élections? Qu'est ce que c'est que cette farce? Qui veulent-ils bafouer, ces politiciens nuls et corrompus? Ne serait-ce que pour cette comédie de contestation, Célestin cesse de mériter le respect des électeurs. Pourquoi jouer de cette manière avec l’intelligence des autres ?
Vivre dans un pays sans loi, c`est vivre dans l`esclavage de la peur. (Renos Dossous)
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vendredi 17 décembre 2010
La solution doit être haïtienne, selon Michel Brunache
Haïti: Le Nouvelliste : Vous avez été chef de cabinet du président Boniface Alexandre lors de la crise électorale de 2006. A cette époque, qu'est-ce qui s'est passé qui pourrait nous éclairer sur la situation actuelle ?
Michel Brunache : En premier lieu, je dirais qu'il revient au chef de l'Etat de réunir autour de lui, les candidats à la présidence et d'autres responsables politiques pour trouver un dénouement positif à cette grave crise. Ils doivent prendre leurs responsabilités. Cette charge incombe d'abord au Président de la République, ensuite aux leaders qui mènent la course en tête, enfin aux autres aussi et à la classe politique dans son ensemble.
Nous avons trois options, la première, « je rejette », est l'option de la violence, l'option de la force ou de l'épreuve de force ; la deuxième qui est pour l'instant « l'option préconisée » est la voie légale et suit ce qui est prévue par la loi électorale. La communauté internationale et le Président de la République pensent que c'est la meilleure option ; mais, elle est rejetée par les candidats. Il reste une troisième option, qui est la voie de la négociation et je pense qu'on peut combiner la voie légale et les négociations.
Le fait marquant lorsqu'il y a eu le problème des résultats électoraux en 2006, c'était la grande méfiance entre les parties en présence. Il y avait une grande méfiance de la part non seulement de certains membres du Conseil électoral entre eux, mais aussi de la part du parti Espoir qui pensait qu'il avait gagné dès le premier tour et qu'il avait été frustré de ses votes. C'est ainsi que le candidat René Préval avait déclaré qu'il y avait eu des fraudes massives. En dépit de tout, en 2006, on avait une situation relativement plus simple que la situation actuelle. La situation était qu'on avait un candidat à la présidence qui avait près de 36% de votes de plus que son poursuivant immédiat. Donc, il y avait déjà une légitimité populaire dans le sens de la solution qui a été finalement trouvée. Il est vrai qu'il était prévu 50 % plus un, pour ne pas aller dans un second tour. Mais il était prévu 50 % plus un de 100 % des voix. Malheureusement, le CEP n'a jamais été capable d'avoir en main 100% des votes en 2006. Lorsque la crise a éclaté, on avait fait le décompte seulement pour quatre-vingt-dix pour cent (90%) des bureaux de vote. Finalement, après plusieurs recherches, le CEP a trouvé à peu près 5 à 6% de votes, et il n'a jamais pu parvenir à compter 100% des votes. Puisqu'il n'y avait que 1% et demi à peu près pour qu'un candidat puisse passer dès le premier tour et qu'il manquait 4% des votes, il fallait trouver une solution juste qui va dans le sens de la tendance du vote, la tendance légitime du vote. Il fallait suivre la volonté populaire et la volonté populaire était relativement claire; donc, c'est dans ce sens que les membres du CEP, principalement le Directeur Général d'alors, M. Jacques Bernard, se sont mis au travail pour voir comment ne pas pénaliser la tendance légitime du vote et en même temps respecter une certaine forme de légalité. Et c'est cette solution-là qui a été trouvée. Je dois avouer que les membres du CEP n'étaient pas tout à fait d'accord avec cette solution. Certains d'entre eux venaient d'horizons et de partis politiques différents, et ils avaient des membres d'autres partis qui voulaient aller dans un second tour. Donc, il a fallu une négociation pour expliquer la situation, et je peux dire qu'après de longues heures de négociation 100% haïtienne, ils ont abouti à une solution.
En réalité, la communauté internationale était dans l'attente d'une solution haïtienne. De ce fait, ils ont compris la tendance légitime du vote et se sont alignés pour le respect de la loi et de la démocratie. Dans la mesure où la solution respecte la légitimité populaire, donc la volonté exprimée par les électeurs, ils n'y avait aucun problème à soutenir une résolution.
Et c'est finalement ce qui a été trouvé après de longues heures, pratiquement de 11 heures a.m., jusqu'à 1 heure a.m. ce jour-là de février 2006. Il fallait négocier avec tous les membres du CEP pour qu'ils acceptent cette idée qui était de trouver une solution amiable allant dans le sens de la décision exprimée par les électeurs sans pénaliser aucun des candidats.
Déjà les techniciens qui travaillaient au centre de tabulation avaient jugé le nombre de votes blancs anormalement élevé pour un scrutin. Dans tous les pays du monde, 4% de votes blancs représentent un problème. Donc, ils ont décidé qu'ils allaient travailler sur ces votes blancs puisqu'il n'y avait pas moyen de déterminer si c'était des bourrages d'urnes, ou si c'était des volontés clairement exprimées. Comme cela nous donnait une certaine ouverture, le CEP, particulièrement la direction technique et la direction générale, ont décidé de reprendre leurs calculs pour voir si cela pouvait leur permettre d'éviter une crise majeure au pays. Ils ont trouvé la solution et en ont fait part aux membres du CEP et au pouvoir exécutif, particulièrement le Premier ministre Gérard Latortue et le président de la République Boniface Alexandre.
Des lors, il s'agissait tout simplement d'en faire part aux donateurs et de convaincre les membres du CEP qui étaient pour la plupart issus de partis politiques opposés.
Pour l'histoire, les négociations ont été conduites par le directeur du cabinet du président Boniface Alexandre, le ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur et le conseiller spécial du président de la République. Il n'y avait aucun représentant de la communauté internationale. Ils ont été informés de la solution imminente et rassurés que le suffrage populaire, donc la légitimité, sera respectée. Il a fallu de longues heures de négociations pour convaincre l'ensemble des membres du CEP d'aller dans le sens d'une résolution rapide de la crise post-électorale.
La solution était de ne pas prendre en considération les votes blancs ou de les distribuer au prorata aux candidats. Il manquait 4% de votes et on avait 4% de votes blancs. Ceci a facilité l'élection dès le premier tour du candidat largement en tête. Ce dénouement conforme à la volonté populaire exprimée à travers un vote massif et sans équivoque a été accepté par presque toute la classe politique et par la communauté internationale.
Le Nouvelliste : En 2010, nous faudrait-il revenir à l'option des négociations entre Haïtiens d'abord ?
Michel Brunache : Je pense que l'international ne peut pas trouver de solution à cette situation. L'international n'a pas les moyens ni non plus la mission de nous imposer une solution viable. Elle ne peut faire que du cosmétique. La solution doit être haïtienne. En premier lieu, c'est d'abord le président de la République qui doit réunir autour de lui les principaux candidats sans faire de discrimination. Disons, pratiquement tous les candidats qui le voudraient bien. Ils peuvent se faire encadrer par des experts en négociations nationaux, des avocats et de voir comment concilier l'esprit de la loi électorale et les intérêts du pays. A mon avis, c'est seulement ainsi que nous parviendrons à sortir de cette impasse.
Parce qu'il ne faut surtout pas attendre une solution venant de la communauté internationale, ce n'est pas son rôle et les diplomates étrangers n'ont pas la capacité de la trouver. Ils pourraient jouer un rôle d'observateurs parce qu'ils sont aussi concernés. Mais ils ne peuvent rien imposer. Donc, la solution est entre les mains des acteurs haïtiens, je me répète, en premier lieu, le président de la République et les candidats. A travers un dialogue bien encadré et limité dans le temps, Haïti peut sortir gagnante de cette épreuve de trop.
Le Nouvelliste : Alors, contrairement à l'idée généralement admise, les Haïtiens ont le pouvoir de décision et ont le devoir de trouver la solution ?
Michel Brunache : Je dois avouer que mon expérience au plus haut niveau de l'Etat m'a permis de voir comment fonctionne la communauté internationale. La communauté internationale a pleins pouvoirs uniquement dans les cas de vide institutionnel, comme par exemple, dans la nuit du 28 au 29 février 2004, dans les premiers jours faisant suite au tremblement de terre de 2010. Lorsqu'il y a un vide évident, un effondrement de l'Etat, à ce moment-là, ils décident. Mais dans tous les cas où il y a des autorités constituées, ils ont les mains liées et doivent travailler de concert avec ces autorités. Ce serait d'ailleurs une violation des conventions de Genève et des résolutions des Nations unies relatives à la mission de la MINUSTAH en Haïti si la communauté internationale décide contre ou en dehors des autorités constituées. C'est pour cela que la responsabilité de la résolution de la crise de 2010 incombe d'abord aux autorités haïtiennes. Le chef de l'Etat doit essayer de rétablir une certaine confiance et ramener autour d'une table de négociations les leaders, pour pouvoir décider ensemble de la meilleure solution pour les intérêts du pays.
En réalité, notre plus grand mal en Haïti n'est autre que la méfiance. La méfiance en Haïti tue et blesse, elle nous impose ce chaos-là. Il faut rétablir un minimum de confiance afin de faire comprendre à tout un chacun, autour d'une table, que voilà : « nous sommes tous d'accord qu'il faut sortir le pays de cette situation. Maintenant, travaillons ensemble pour trouver la meilleure solution possible pour l'avenir du pays ! »
Propos recueillis par Frantz Duval
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http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=86831&PubDate=2010-12-16
Commentaire
Une telle perception de la situation n'est valide que si la bonne volonté est présente. Mais lorsque le gouvernement qui a créé ce problème ne veut pas d'une solution dont il ne tire un très grand profit de la nature qu’il soit, le blocage reste évident. C'est précisément la situation que nous confrontons actuellement. C’est l’un des rares cas où l’on se rappelle l’existence de Préval. Il en profite pour se donner des airs, ignorant que ce qu’il n’a pas fait en vingt ans, il lui serait impossible de le réaliser maintenant.
Michel Brunache : En premier lieu, je dirais qu'il revient au chef de l'Etat de réunir autour de lui, les candidats à la présidence et d'autres responsables politiques pour trouver un dénouement positif à cette grave crise. Ils doivent prendre leurs responsabilités. Cette charge incombe d'abord au Président de la République, ensuite aux leaders qui mènent la course en tête, enfin aux autres aussi et à la classe politique dans son ensemble.
Nous avons trois options, la première, « je rejette », est l'option de la violence, l'option de la force ou de l'épreuve de force ; la deuxième qui est pour l'instant « l'option préconisée » est la voie légale et suit ce qui est prévue par la loi électorale. La communauté internationale et le Président de la République pensent que c'est la meilleure option ; mais, elle est rejetée par les candidats. Il reste une troisième option, qui est la voie de la négociation et je pense qu'on peut combiner la voie légale et les négociations.
Le fait marquant lorsqu'il y a eu le problème des résultats électoraux en 2006, c'était la grande méfiance entre les parties en présence. Il y avait une grande méfiance de la part non seulement de certains membres du Conseil électoral entre eux, mais aussi de la part du parti Espoir qui pensait qu'il avait gagné dès le premier tour et qu'il avait été frustré de ses votes. C'est ainsi que le candidat René Préval avait déclaré qu'il y avait eu des fraudes massives. En dépit de tout, en 2006, on avait une situation relativement plus simple que la situation actuelle. La situation était qu'on avait un candidat à la présidence qui avait près de 36% de votes de plus que son poursuivant immédiat. Donc, il y avait déjà une légitimité populaire dans le sens de la solution qui a été finalement trouvée. Il est vrai qu'il était prévu 50 % plus un, pour ne pas aller dans un second tour. Mais il était prévu 50 % plus un de 100 % des voix. Malheureusement, le CEP n'a jamais été capable d'avoir en main 100% des votes en 2006. Lorsque la crise a éclaté, on avait fait le décompte seulement pour quatre-vingt-dix pour cent (90%) des bureaux de vote. Finalement, après plusieurs recherches, le CEP a trouvé à peu près 5 à 6% de votes, et il n'a jamais pu parvenir à compter 100% des votes. Puisqu'il n'y avait que 1% et demi à peu près pour qu'un candidat puisse passer dès le premier tour et qu'il manquait 4% des votes, il fallait trouver une solution juste qui va dans le sens de la tendance du vote, la tendance légitime du vote. Il fallait suivre la volonté populaire et la volonté populaire était relativement claire; donc, c'est dans ce sens que les membres du CEP, principalement le Directeur Général d'alors, M. Jacques Bernard, se sont mis au travail pour voir comment ne pas pénaliser la tendance légitime du vote et en même temps respecter une certaine forme de légalité. Et c'est cette solution-là qui a été trouvée. Je dois avouer que les membres du CEP n'étaient pas tout à fait d'accord avec cette solution. Certains d'entre eux venaient d'horizons et de partis politiques différents, et ils avaient des membres d'autres partis qui voulaient aller dans un second tour. Donc, il a fallu une négociation pour expliquer la situation, et je peux dire qu'après de longues heures de négociation 100% haïtienne, ils ont abouti à une solution.
En réalité, la communauté internationale était dans l'attente d'une solution haïtienne. De ce fait, ils ont compris la tendance légitime du vote et se sont alignés pour le respect de la loi et de la démocratie. Dans la mesure où la solution respecte la légitimité populaire, donc la volonté exprimée par les électeurs, ils n'y avait aucun problème à soutenir une résolution.
Et c'est finalement ce qui a été trouvé après de longues heures, pratiquement de 11 heures a.m., jusqu'à 1 heure a.m. ce jour-là de février 2006. Il fallait négocier avec tous les membres du CEP pour qu'ils acceptent cette idée qui était de trouver une solution amiable allant dans le sens de la décision exprimée par les électeurs sans pénaliser aucun des candidats.
Déjà les techniciens qui travaillaient au centre de tabulation avaient jugé le nombre de votes blancs anormalement élevé pour un scrutin. Dans tous les pays du monde, 4% de votes blancs représentent un problème. Donc, ils ont décidé qu'ils allaient travailler sur ces votes blancs puisqu'il n'y avait pas moyen de déterminer si c'était des bourrages d'urnes, ou si c'était des volontés clairement exprimées. Comme cela nous donnait une certaine ouverture, le CEP, particulièrement la direction technique et la direction générale, ont décidé de reprendre leurs calculs pour voir si cela pouvait leur permettre d'éviter une crise majeure au pays. Ils ont trouvé la solution et en ont fait part aux membres du CEP et au pouvoir exécutif, particulièrement le Premier ministre Gérard Latortue et le président de la République Boniface Alexandre.
Des lors, il s'agissait tout simplement d'en faire part aux donateurs et de convaincre les membres du CEP qui étaient pour la plupart issus de partis politiques opposés.
Pour l'histoire, les négociations ont été conduites par le directeur du cabinet du président Boniface Alexandre, le ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur et le conseiller spécial du président de la République. Il n'y avait aucun représentant de la communauté internationale. Ils ont été informés de la solution imminente et rassurés que le suffrage populaire, donc la légitimité, sera respectée. Il a fallu de longues heures de négociations pour convaincre l'ensemble des membres du CEP d'aller dans le sens d'une résolution rapide de la crise post-électorale.
La solution était de ne pas prendre en considération les votes blancs ou de les distribuer au prorata aux candidats. Il manquait 4% de votes et on avait 4% de votes blancs. Ceci a facilité l'élection dès le premier tour du candidat largement en tête. Ce dénouement conforme à la volonté populaire exprimée à travers un vote massif et sans équivoque a été accepté par presque toute la classe politique et par la communauté internationale.
Le Nouvelliste : En 2010, nous faudrait-il revenir à l'option des négociations entre Haïtiens d'abord ?
Michel Brunache : Je pense que l'international ne peut pas trouver de solution à cette situation. L'international n'a pas les moyens ni non plus la mission de nous imposer une solution viable. Elle ne peut faire que du cosmétique. La solution doit être haïtienne. En premier lieu, c'est d'abord le président de la République qui doit réunir autour de lui les principaux candidats sans faire de discrimination. Disons, pratiquement tous les candidats qui le voudraient bien. Ils peuvent se faire encadrer par des experts en négociations nationaux, des avocats et de voir comment concilier l'esprit de la loi électorale et les intérêts du pays. A mon avis, c'est seulement ainsi que nous parviendrons à sortir de cette impasse.
Parce qu'il ne faut surtout pas attendre une solution venant de la communauté internationale, ce n'est pas son rôle et les diplomates étrangers n'ont pas la capacité de la trouver. Ils pourraient jouer un rôle d'observateurs parce qu'ils sont aussi concernés. Mais ils ne peuvent rien imposer. Donc, la solution est entre les mains des acteurs haïtiens, je me répète, en premier lieu, le président de la République et les candidats. A travers un dialogue bien encadré et limité dans le temps, Haïti peut sortir gagnante de cette épreuve de trop.
Le Nouvelliste : Alors, contrairement à l'idée généralement admise, les Haïtiens ont le pouvoir de décision et ont le devoir de trouver la solution ?
Michel Brunache : Je dois avouer que mon expérience au plus haut niveau de l'Etat m'a permis de voir comment fonctionne la communauté internationale. La communauté internationale a pleins pouvoirs uniquement dans les cas de vide institutionnel, comme par exemple, dans la nuit du 28 au 29 février 2004, dans les premiers jours faisant suite au tremblement de terre de 2010. Lorsqu'il y a un vide évident, un effondrement de l'Etat, à ce moment-là, ils décident. Mais dans tous les cas où il y a des autorités constituées, ils ont les mains liées et doivent travailler de concert avec ces autorités. Ce serait d'ailleurs une violation des conventions de Genève et des résolutions des Nations unies relatives à la mission de la MINUSTAH en Haïti si la communauté internationale décide contre ou en dehors des autorités constituées. C'est pour cela que la responsabilité de la résolution de la crise de 2010 incombe d'abord aux autorités haïtiennes. Le chef de l'Etat doit essayer de rétablir une certaine confiance et ramener autour d'une table de négociations les leaders, pour pouvoir décider ensemble de la meilleure solution pour les intérêts du pays.
En réalité, notre plus grand mal en Haïti n'est autre que la méfiance. La méfiance en Haïti tue et blesse, elle nous impose ce chaos-là. Il faut rétablir un minimum de confiance afin de faire comprendre à tout un chacun, autour d'une table, que voilà : « nous sommes tous d'accord qu'il faut sortir le pays de cette situation. Maintenant, travaillons ensemble pour trouver la meilleure solution possible pour l'avenir du pays ! »
Propos recueillis par Frantz Duval
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Une telle perception de la situation n'est valide que si la bonne volonté est présente. Mais lorsque le gouvernement qui a créé ce problème ne veut pas d'une solution dont il ne tire un très grand profit de la nature qu’il soit, le blocage reste évident. C'est précisément la situation que nous confrontons actuellement. C’est l’un des rares cas où l’on se rappelle l’existence de Préval. Il en profite pour se donner des airs, ignorant que ce qu’il n’a pas fait en vingt ans, il lui serait impossible de le réaliser maintenant.
jeudi 16 décembre 2010
Mirlande Manigat culpabilise le CEP dans la crise post-électorale
Celle qui a remporté le premier tour contesté du scrutin présidentiel serait prête, si elle succède à René Préval, à partager le pouvoir avec d’autres partis et à chercher un accord avec les partisans de ses principaux rivaux, Jude Célestin et Michel Martelly
La candidate Mirlande Manigat, vainqueure du premier tour des présidentielles très controversées du 28 novembre, a attribué la détérioration de la situation post-électorale à une "crise de confiance" de la population vis-à-vis du Conseil électoral et s’est déclarée prête à gouverner avec d’autres partis en cas de victoire.
"Maintenant, nous sommes dans une situation qui n’a aucun type de relation ni avec la constitution, ni avec la loi électorale", a fait remarquer dans une interview à AP la démocrate-chrétienne avant de poursuivre "j’aimerais voir mon pays s’orienter vers une véritable démocratie et personnellement toute cette situation me préoccupe".
Consciente de la potentielle atmosphère de crise dans laquelle elle pourrait accéder au pouvoir, si elle devait l’emporter, Mme Manigat se montre disposée à trouver un accord avec les partisans de ses rivaux Jude Célestin et Michel Martelly. Un tel pacte n’impliquerait pas nécessairement les deux candidats eux-mêmes, souligne-t-elle.
Très critique envers le CEP, la secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes croit qu’il souffre d’un déficit de crédibilité aujourd’hui presqu’insurmontable.
"Personne n’a confiance dans le CEP. Personne en Haïti", dit-elle expliquant les raisons pour lesquelles elle a refusé d’intégrer la commission chargée de vérifier les résultats des élections.
"Je ne pouvais pas accepter cette proposition, il n’y avait aucune précision sur le lieu de rencontre de la commission, ses modalités de fonctionnement, sa composition, etc, etc".
Mirlande Manigat ne cache pas non plus sa surprise d’avoir été invitée à rejoindre la commission par courrier électronique. L’e-mail lui a été envoyé sur son compte universitaire à cinq heures du matin, déplore la professeure de droit constitutionnel.
"Dans mon opinion, ça a été une mauvaise manière de communiquer avec quelqu’un qui est une candidate et potentiellement la prochaine Présidente d’Haïti", a jugé Mme Manigat qui a recueilli 31% des voix au premier tour d’un scrutin présidentiel dont l’organisation chaotique, le 28 novembre, a précipité le pays dans une grave crise électorale sur fond de violences politiques. spp/Radio Kiskeya
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=7244
Commentaire
La candidate a parfaitement raison. Car comment expliquer qu'un organisme de l'importance du CEP, à supposer que ses membres soient dignes d'occuper la fonction, ne communique que par e-mail interposés avec les potentiels dirigeants de ce pays? N'est-ce pas une démonstration de plus de leur informalité et surtout de leur crétinise comme responsables d'un processus qui, avec des gens capables, aurait été exemplaire? Qu'est-ce que Preval leur a offert pour qu'ils se souillent si facilement?
La candidate Mirlande Manigat, vainqueure du premier tour des présidentielles très controversées du 28 novembre, a attribué la détérioration de la situation post-électorale à une "crise de confiance" de la population vis-à-vis du Conseil électoral et s’est déclarée prête à gouverner avec d’autres partis en cas de victoire.
"Maintenant, nous sommes dans une situation qui n’a aucun type de relation ni avec la constitution, ni avec la loi électorale", a fait remarquer dans une interview à AP la démocrate-chrétienne avant de poursuivre "j’aimerais voir mon pays s’orienter vers une véritable démocratie et personnellement toute cette situation me préoccupe".
Consciente de la potentielle atmosphère de crise dans laquelle elle pourrait accéder au pouvoir, si elle devait l’emporter, Mme Manigat se montre disposée à trouver un accord avec les partisans de ses rivaux Jude Célestin et Michel Martelly. Un tel pacte n’impliquerait pas nécessairement les deux candidats eux-mêmes, souligne-t-elle.
Très critique envers le CEP, la secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes croit qu’il souffre d’un déficit de crédibilité aujourd’hui presqu’insurmontable.
"Personne n’a confiance dans le CEP. Personne en Haïti", dit-elle expliquant les raisons pour lesquelles elle a refusé d’intégrer la commission chargée de vérifier les résultats des élections.
"Je ne pouvais pas accepter cette proposition, il n’y avait aucune précision sur le lieu de rencontre de la commission, ses modalités de fonctionnement, sa composition, etc, etc".
Mirlande Manigat ne cache pas non plus sa surprise d’avoir été invitée à rejoindre la commission par courrier électronique. L’e-mail lui a été envoyé sur son compte universitaire à cinq heures du matin, déplore la professeure de droit constitutionnel.
"Dans mon opinion, ça a été une mauvaise manière de communiquer avec quelqu’un qui est une candidate et potentiellement la prochaine Présidente d’Haïti", a jugé Mme Manigat qui a recueilli 31% des voix au premier tour d’un scrutin présidentiel dont l’organisation chaotique, le 28 novembre, a précipité le pays dans une grave crise électorale sur fond de violences politiques. spp/Radio Kiskeya
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=7244
Commentaire
La candidate a parfaitement raison. Car comment expliquer qu'un organisme de l'importance du CEP, à supposer que ses membres soient dignes d'occuper la fonction, ne communique que par e-mail interposés avec les potentiels dirigeants de ce pays? N'est-ce pas une démonstration de plus de leur informalité et surtout de leur crétinise comme responsables d'un processus qui, avec des gens capables, aurait été exemplaire? Qu'est-ce que Preval leur a offert pour qu'ils se souillent si facilement?
Clinton : « Ma politique c'est la reconstruction d'Haïti »
« Je n'ai pas de candidat. Mon candidat est le processus de reconstruction ; mon candidat est le futur d'Haïti. Mon travail est d'inciter les donateurs à investir dans le futur d'Haïti, dans le futur du peuple haïtien », a dit Bill Clinton, co-chairman de la CIRH.
Haïti: T-shirt bleu délavé à manches courtes, pantalon de randonnée vert olive, rougeur d'insolation sur le nez, Bill Clinton, coprésident de la CIRH, en conférence de presse au « Log base » le mercredi 15 décembre 2010, a rappelé, dans un contexte politique survolté depuis la publication des résultats contestés du scrutin du 28 novembre, « qu'il n'est pas en Haïti pour faire de la politique ».
« Je veux travailler dans la reconstruction ; je veux aider dans la gestion de l'épidémie de choléra ; je veux aider dans la gestion des urgences », a expliqué avec conviction le co-chairman de cette commission qui a approuvé la veille, lors de sa quatrième réunion à Santo Domingo, des projets pour une enveloppe de 500 millions de dollars.
« Je n'ai pas de candidat. Mon candidat est le processus de reconstruction, mon candidat est le futur d'Haïti. Mon travail est d'inciter les donateurs à investir dans le futur d'Haïti, dans le futur du peuple haïtien », a insisté M. Clinton qui s'est dit soulagé que les violences politiques des derniers jours n'aient pas affecté le processus de reconstruction du pays.
« Selon ce que j'ai compris, le CEP a, une nouvelle fois, exprimé la volonté d'avoir des observateurs indépendants dans le processus de recomptage des bulletins. Et le second tour sera observé par des observateurs étrangers dignes de la confiance du peuple haïtien », a relevé Bill Clinton. Comme s'il marchait sur une fourmilière, l'ex-président des Etats-Unis d'Amérique a confié que sa dernière conversation avec le président René Préval remonte à avant le scrutin du 28 novembre.
« Je me suis mis à part afin de ne pas m'impliquer dans le processus politique. Je veux que le peuple haïtien sache qu'il a le droit de choisir sa propre voie. Je veux seulement que sa voix soit entendue », a confié Clinton qui a souhaité une issue pacifique au conflit électoral pour que le pays puisse avoir des dirigeants légitimes dont l'autorité soit reconnue en Haïti et à l'étranger.
Sur la menace d'un désengagement de la communauté internationale d'Haïti si les élections sont truquées et si elles occultaient la volonté du peuple haïtien, Bill Clinton, cinglant, a indiqué « que rien ne justifie le non-respect de l'engagement de la communauté internationale ». « Je crois, a-t-il enchaîné, que ce serait une erreur de mettre un terme à la reconstruction. »
Dans la même veine, il a rappelé que « ce serait une grande erreur si la communauté internationale s'investissait uniquement dans l'humanitaire, sans aider Haïti à se reconstruire ».
Sur le front de la reconstruction, l'époux de la chef de la diplomatie américaine, Hillary R. Clinton, a une nouvelle expliqué la lenteur et les difficultés confrontées en vue d'assurer la transition des sinistrés de leurs logements provisoires à des abris définitifs. Il a dit partager la frustration légitime des gens avant de faire de nouvelles promesses.
« D'ici début janvier et mars 2011, on verra une amélioration significative dans le domaine du logement. Un plan existe maintenant en vue de reloger des centaines de milliers et plus de sinistrés », a-t-il dit en évoquant le crucial problème foncier, la définition et l'application d'un plan d'urbanisme pour que les logements définitifs puissent finalement sortir de terre.
Clinton veut tacler le choléra
La Fondation Clinton a déjà donné 1.5 million de dollars au gouvernement haïtien dans le cadre de la formation du personnel de santé en vue de sensibiliser la population face au choléra. D'un autre côté, Clinton a confié avoir demandé au ministre de la Santé publique, le Dr Alex Larsen, une liste des coûts possibles pour établir des cliniques, des CTC avec du personnel correctement formé, « afin que personne ne meure dans le pays à cause de l'inaccessibilité et de l'indisponibilité des soins ».
Quelque 100 000 kits contenant du chlore, du sérum oral, du savon, entre autres, seront distribués dans le pays à l'initiative de la Fondation Clinton, a-t-il annoncé.
Fin stratège politique et de relations publiques, selon certains, Bill Clinton, en ces temps de troubles accompagnant l'alternance ou la continuité du pouvoir, joue la carte de l'apaisement (pérennité ?) en renvoyant, comme d'autres entités de la communauté internationale, aux institutions pour résoudre le contentieux électoral en enfilant, au cours de l'exercice, l'irréprochable manteau de celui dont « la politique est la reconstruction d'Haïti », près d'un an après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
Roberson Alphonse
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=86787&PubDate=2010-12-15
Commentaire
La bonne volonté de l'ex-président Clinton est palpable, mais que peut-il faire quand des manipulateurs freinent ses actions afin de le dégouter, l'obliger à se laver les mains pour ainsi laisser le champ libre a ceux qui veulent se servir a gogo des fonds réservés à la reconstruction. C’est là une caractéristique qui définit les politiciens haïtiens, surtout quand ils sont sur le point de céder leur poste à de nouveaux fonctionnaires. Moi ou le déluge ! Shame on them!
Haïti: T-shirt bleu délavé à manches courtes, pantalon de randonnée vert olive, rougeur d'insolation sur le nez, Bill Clinton, coprésident de la CIRH, en conférence de presse au « Log base » le mercredi 15 décembre 2010, a rappelé, dans un contexte politique survolté depuis la publication des résultats contestés du scrutin du 28 novembre, « qu'il n'est pas en Haïti pour faire de la politique ».
« Je veux travailler dans la reconstruction ; je veux aider dans la gestion de l'épidémie de choléra ; je veux aider dans la gestion des urgences », a expliqué avec conviction le co-chairman de cette commission qui a approuvé la veille, lors de sa quatrième réunion à Santo Domingo, des projets pour une enveloppe de 500 millions de dollars.
« Je n'ai pas de candidat. Mon candidat est le processus de reconstruction, mon candidat est le futur d'Haïti. Mon travail est d'inciter les donateurs à investir dans le futur d'Haïti, dans le futur du peuple haïtien », a insisté M. Clinton qui s'est dit soulagé que les violences politiques des derniers jours n'aient pas affecté le processus de reconstruction du pays.
« Selon ce que j'ai compris, le CEP a, une nouvelle fois, exprimé la volonté d'avoir des observateurs indépendants dans le processus de recomptage des bulletins. Et le second tour sera observé par des observateurs étrangers dignes de la confiance du peuple haïtien », a relevé Bill Clinton. Comme s'il marchait sur une fourmilière, l'ex-président des Etats-Unis d'Amérique a confié que sa dernière conversation avec le président René Préval remonte à avant le scrutin du 28 novembre.
« Je me suis mis à part afin de ne pas m'impliquer dans le processus politique. Je veux que le peuple haïtien sache qu'il a le droit de choisir sa propre voie. Je veux seulement que sa voix soit entendue », a confié Clinton qui a souhaité une issue pacifique au conflit électoral pour que le pays puisse avoir des dirigeants légitimes dont l'autorité soit reconnue en Haïti et à l'étranger.
Sur la menace d'un désengagement de la communauté internationale d'Haïti si les élections sont truquées et si elles occultaient la volonté du peuple haïtien, Bill Clinton, cinglant, a indiqué « que rien ne justifie le non-respect de l'engagement de la communauté internationale ». « Je crois, a-t-il enchaîné, que ce serait une erreur de mettre un terme à la reconstruction. »
Dans la même veine, il a rappelé que « ce serait une grande erreur si la communauté internationale s'investissait uniquement dans l'humanitaire, sans aider Haïti à se reconstruire ».
Sur le front de la reconstruction, l'époux de la chef de la diplomatie américaine, Hillary R. Clinton, a une nouvelle expliqué la lenteur et les difficultés confrontées en vue d'assurer la transition des sinistrés de leurs logements provisoires à des abris définitifs. Il a dit partager la frustration légitime des gens avant de faire de nouvelles promesses.
« D'ici début janvier et mars 2011, on verra une amélioration significative dans le domaine du logement. Un plan existe maintenant en vue de reloger des centaines de milliers et plus de sinistrés », a-t-il dit en évoquant le crucial problème foncier, la définition et l'application d'un plan d'urbanisme pour que les logements définitifs puissent finalement sortir de terre.
Clinton veut tacler le choléra
La Fondation Clinton a déjà donné 1.5 million de dollars au gouvernement haïtien dans le cadre de la formation du personnel de santé en vue de sensibiliser la population face au choléra. D'un autre côté, Clinton a confié avoir demandé au ministre de la Santé publique, le Dr Alex Larsen, une liste des coûts possibles pour établir des cliniques, des CTC avec du personnel correctement formé, « afin que personne ne meure dans le pays à cause de l'inaccessibilité et de l'indisponibilité des soins ».
Quelque 100 000 kits contenant du chlore, du sérum oral, du savon, entre autres, seront distribués dans le pays à l'initiative de la Fondation Clinton, a-t-il annoncé.
Fin stratège politique et de relations publiques, selon certains, Bill Clinton, en ces temps de troubles accompagnant l'alternance ou la continuité du pouvoir, joue la carte de l'apaisement (pérennité ?) en renvoyant, comme d'autres entités de la communauté internationale, aux institutions pour résoudre le contentieux électoral en enfilant, au cours de l'exercice, l'irréprochable manteau de celui dont « la politique est la reconstruction d'Haïti », près d'un an après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
Roberson Alphonse
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=86787&PubDate=2010-12-15
Commentaire
La bonne volonté de l'ex-président Clinton est palpable, mais que peut-il faire quand des manipulateurs freinent ses actions afin de le dégouter, l'obliger à se laver les mains pour ainsi laisser le champ libre a ceux qui veulent se servir a gogo des fonds réservés à la reconstruction. C’est là une caractéristique qui définit les politiciens haïtiens, surtout quand ils sont sur le point de céder leur poste à de nouveaux fonctionnaires. Moi ou le déluge ! Shame on them!
Haïti-Elections : Préval sollicite deux nouvelles missions électorales à l’OEA
P-au-P, 14 déc. 2010 [AlterPresse] --- Le président de la République, René Préval, a sollicité lundi l’envoi de deux nouvelles missions techniques d’appui au processus électoral auprès de l’Organisation des Etats Américains (OEA), apprend AlterPresse de source officielle.
Selon un communiqué émanant du Palais National, les deux missions devraient arriver dans le pays demain mercredi pour y rester jusqu’à la proclamation des résultats définitifs du premier tour des élections.
Haiti est plongée dans une crise depuis la proclamation des résultats préliminaires des élections présidentielles et législatives du 28 novembre qui ont été contestées.
L’une des missions demandée par Préval est une « mission d’expertise d’appui à la vérification de la tabulation des votes », et l’autre une « mission d’assistance technique légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus électoral ».
La période de contestation des résultats préliminaires a débuté lundi 13 décembre et s’achève ce mercredi 15 décembre.
L’OEA a déjà conduit conjointement avec la CARICOM une mission d’observation électorale qui a validé le scrutin du 28 novembre.[kft apr 14/12/2010 13 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10410
Commentaire
A moins de vouloir approfondir la crise électorale créée par le président Préval et ses associés, sur quelle base l'OEA viendrait-elle valider ce qui est corrompu à la base? L'OEA disposerait-elle de meilleurs spécialistes que l'ONU? Ou les intérêts de ceux qui la dirigent seraient-ils plus proches de ceux de Préval, particulièrement douteux, que de ceux d'un peuple maltraité, exploité, victime permanente de fraude et de dépouillement de la part de ceux qui le gouvernent mal?
Selon un communiqué émanant du Palais National, les deux missions devraient arriver dans le pays demain mercredi pour y rester jusqu’à la proclamation des résultats définitifs du premier tour des élections.
Haiti est plongée dans une crise depuis la proclamation des résultats préliminaires des élections présidentielles et législatives du 28 novembre qui ont été contestées.
L’une des missions demandée par Préval est une « mission d’expertise d’appui à la vérification de la tabulation des votes », et l’autre une « mission d’assistance technique légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus électoral ».
La période de contestation des résultats préliminaires a débuté lundi 13 décembre et s’achève ce mercredi 15 décembre.
L’OEA a déjà conduit conjointement avec la CARICOM une mission d’observation électorale qui a validé le scrutin du 28 novembre.[kft apr 14/12/2010 13 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10410
Commentaire
A moins de vouloir approfondir la crise électorale créée par le président Préval et ses associés, sur quelle base l'OEA viendrait-elle valider ce qui est corrompu à la base? L'OEA disposerait-elle de meilleurs spécialistes que l'ONU? Ou les intérêts de ceux qui la dirigent seraient-ils plus proches de ceux de Préval, particulièrement douteux, que de ceux d'un peuple maltraité, exploité, victime permanente de fraude et de dépouillement de la part de ceux qui le gouvernent mal?
mercredi 15 décembre 2010
Malaise à la CIRH
Sept mois après sa création, la CIRH tarde à être efficace. Les donateurs ne se bousculent pas aux portillons malgré les efforts assidus de l'ex-président américain Bill Clinton. En plus de ce bilan mitigé, les craintes d'un échec et l'isolement de la partie haïtienne, confinée à un rôle de figurant, éclatent au grand jour. Le directeur exécutif de la Commission, Gabriel Verret ,peu convaincant, peu diplomatique, est dans l'oeil du cyclone. Récit de la quatrième réunion de la CIRH.
Haïti: 7 heures 33. Le ciel est gris et la brise glaciale. Les 12 membres de la « partie haïtienne de la CIRH » commencent à arriver. Des ministres du gouvernement aussi. L'avion qui doit les emmener à la quatrième réunion de cette commission à Santo Domingo fait le plein sur le tarmac de « Log base », la plus importante plateforme de la MINUSTAH en Haïti, non loin de l'aéroport international Toussaint Louverture, sur la route de Mais Gâté. L'ambiance est amicale. « Carte d'embarquement, s'il vous plaît ! ». L'exclamation traverse la petite salle d'attente. L 'hôtesse, forte, athlétique, un anglais imprégné de l'accent hindou, attire l'attention et met un terme aux bruissements des groupuscules immergés dans leurs discussions. Deux heures d'attente ! Rien de grave, même sans le café matinal, compensé par des cigarettes tranquillement grillées par des accros à la nicotine. On ne fait pas la tête.
Les pires craintes de turbulence sont dissipées malgré les nuages et une météo affreuse, ce mardi 14 décembre 2010. Le vol est agréable jusqu'à l'aéroport international Las Américas. La navette, après l'atterrissage, tant bien que mal, emmène tout le monde, journalistes compris, à l'immigration où 10 dollars US pour le permis de séjour sont exigés à ceux n'ayant pas le visa dominicain. Aucun statut particulier pour ces membres de la CIRH qui, en principe, « analysent » et « valident » des projets dont les enveloppes atteignent dans certains cas des dizaines de millions de dollars.
L'immigration et les douanes franchies, le pied de grue s'impose. Une dizaine de minutes seulement. Suffisant pour constater l'étalage ostentatoire et fier de la réussite du voisin dont les infrastructures témoignent du progrès, de la stabilité politique et économique des dernières décennies.
« Délégation d'Haïti » gravé sur un bout de carton par un Dominicain signale la fin de l'attente. On s'engouffre avec les sacs de voyage dans un vieux bus. Le sourire radieux, les lèvres roses articulant le « Buenos dias » d'une jeune dominicaine ayant un faux air de Jennifer Lopez, l'histoire de Mariella sur le pylône occultent l'inconfort dans le bus jusqu'à l'hôtel Hilton où, surpris, on apprend que la réunion se tiendra à cinq heures. La météo fait des siennes aussi dans le « Big Apple ». Clinton est empêché et le Premier ministre Jean-Max Bellerive interviendra depuis Port-au-Prince par vidéo conférence.
Une fois le check-in terminé, la sixième étage est rapidement envahi. Le lunch y est. Salades, pâtisseries. Régal. Paradoxalement, les premiers signes d'inconfort sont décelés. « Je ne vais pas avaliser n'importe quoi. Nous sommes comme le Parlement, c'est de notre responsabilité de jouer effectivement notre rôle », crache un membre de la partie haïtienne de la CIRH. Malaise ? Peut-être.
Trois heures nous séparent de la réunion et on a le temps de faire la sieste, visiter l'hôtel, reprendre un bain.
Une trentaine de minutes après cinq heures, Bill Clinton entre dans la salle, kleenex en main. Les représentants de la partie haïtienne ont déjà pris siège. Vilaine grippe et tristesse à cause de la disparition de M. Richard Holbrooke, ambassadeur, envoyé spécial de Obama pour le Proche-Orient. La réunion démarre, Clinton situe le cadre : « Il faut poursuivre les efforts pour la reconstruction d'Haïti, peu importe le gagnant de l'élection présidentielle. » « Malgré le choléra, enchaîne-t-il, nous avons fait des progrès et nous devons poursuivre. C'est important. Si le peuple haïtien voit des projets tangibles, il croira que le travail peut être fait », ajoute Clinton qui souligne que des projets pour un montant de 2. 6 milliards de dollars ont déjà été approuvés par la CIRH.
Petite discussion pour changer le menu de la réunion entre l'ex-Premier ministre jamaïcain Perceval Patterson, représentant de la CARICOM, et Bill Clinton. Patterson se plie. Le président dominicain Leonel Fernandez arrive. Comme Clinton, il exprime sa foi dans l'avenir d'Haïti.
Fernandez, proactif depuis le tremblement de terre du 12 janvier, insiste sur la nécessité d'une conjugaison des efforts afin d'aider au relèvement d'Haïti en proie à une épidémie de choléra et aux prises à des élections ayant donné lieu a des actes de violence. « Ce sont des défis qu'il faut surmonter avec l'effort de chacun », explique-t-il en appelant les donateurs à poursuivre avec le versement des fonds promis.
« Beaucoup de travail doit être fait pour enlever les déblais, construire des logements, créer des emplois et permettre à nouveau la croissance de l'économie d'Haïti. Il faut avoir un agenda ambitieux non seulement pour permettre à Haïti d'être comme elle était avant le tremblement de terre du 12 janvier, mais surtout pour garantir son développement durable », ajoute-t-il avant un moment d'émotion provoqué par des flash-back. Une vidéo projetée sur un écran en face du siège du chairman montre des scènes insoutenables du tremblement de terre. Parmi elles, celles de deux hommes fuyant l'effondrement du Palais national et des actions menées sur le terrain pour enlever les déblais et la pose de la première pierre d'un hôpital qui sera construit à Mirebalais.
Gabriel Verret, directeur exécutif de la CIRH, sept mois après la création de cette commission présente le plan d'action. Huit secteurs prioritaires, les objectifs, comment trouver des fonds et l'urgence d'appliquer des politiques publiques notamment dans le domaine foncier. « Je ne rentre pas dans ces détails », lâche M. Verret, ex-conseiller économique du président René Préval. Des redites par rapport à la deuxième réunion de la commission au Karibe, à Port-au-Prince.
« Ce plan n'est pas les dix commandements. Je pense qu'il peut-être revisité », nuance Clinton dont le prestige a jusqu'ici servi de garant à cette commission.
Patterson revient à la charge
Au terme de l'identification d'une série de failles organisationnelles, d'opacité, de non transmission d'information à temps aux membres de la CIRH par le comité exécutif, Perceval Patterson rappelle la responsabilité commune et le devoir de reddition de comptes. Comment les contrats sont-ils signés ? Quelles sont les critères d'évaluation des projets approuvés ?, s'interroge l'homme politique caribéen en affichant son scepticisme.
« Je sonne désespéré. Je suis désespéré. La situation réclame de la célérité. Nous n'avons pas de temps à perdre », confie-t-il en ajoutant qu'il sait « que le peuple haïtien n'attendra pas indifférent la réalisation d'actions tangibles comme le ramassage des déblais, la construction de logement ».
« Les gens ne doivent pas vivre dans cette situation, presqu'un an après le tremblement de terre », indique Perceval Patterson qui invite à prendre en compte la charge émotionnelle de cette date.
Clinton, diplomatique, encaisse, explique avec au début une nervosité à fleur de peau. Gabriel Verret explique également. Sans convaincre. Le stock des excuses semble avoir été épuisé avec le temps et les mises en place que l'on ne saurait ne pas avoir fait.
Gabriel Verret passé à la moulinette
Mme Suze Perci Filippini, représentante de l'Exécutif à la CIRH, demande la parole. Contre toute attente, elle annonce qu'elle va donner lecture de « la position de douze membres de la partie haïtienne de la CIRH et du mode de fonctionnement de la commission ».
« Les douze membres de la partie haïtienne ici présents se sentent complètement débranchés de la vie de la CIRH. A l'heure des TIC, il existe un déficit crucial de communication et d'information de la part du secrétariat exécutif et encore plus du comité exécutif. En dépit de notre fonction dans la structure de l'institution, nous n'avons à ce jour reçu aucun rapport de suivi des activités de la CIRH. Les contacts s'établissent seulement à la veille des réunions du conseil d'administration. Le conseiller n'a ni le temps de lire, ni d'analyser, ni de comprendre et encore moins de réagir intelligemment aux projets qui lui sont soumis à la dernière minute, malgré toutes les doléances formulées et toutes les promesses faites à ce sujet », révèlent les signataires de cette déclaration.
« Les projets sont transmis au Conseil sous forme de tableau de synthèse, la veille des réunions. Les changements de procédures dans les formalités de soumission de projets online varient sans aucun avis. Le recrutement et le choix des firmes conseils se sont réalisés à l'insu de la partie haïtienne du conseil d'administration. Aucun document n'est venu informer le Conseil sur les critères d'embauche et sur le profil des candidats », poursuit les signataires de cette déclaration dont les démarches pour « faire le point sur le mode de collaboration entre les deux instances » ont été « ignorées ».
Verret répond. Mélodrame
« J'accepte la critique. Ce n'est pas nécessairement utile et constructif de répondre ici à certaines questions soulevées », répond M. Verret, hésitant et visiblement embarrassé. Clinton, subtilement, détend l'atmosphère en expliquant qu'il est de la responsabilité de la partie haïtienne de veiller au grain, avant le dérapage verbal ou la boulette de Jean-Max Bellerive qui souligne qu'il n'est pas toujours facile pour que des "individus" d'horizons différents puissent travailler sans difficultés.
Remontée, un sanglot dans la voix, Mme Filippini s'est montré indignée à cause du qualificatif « individu » utilisé par le Premier ministre Jean-Max Bellerive. Un mot attentatoire à sa personne et à la professionnelle qu'elle est, dit-elle, alors que M. Verret, peu attentionné à la formulation de la proposition de M. Clinton et de Ricardo Seitenfus, représentant de l'OEA en vue de tenir des consultations rapprochées sur l'avancement des dossiers entre la partie haïtienne et le comité executive, continue de pianoter sur son Blackberry. On dirait que Veret avait une reunion plus importante sur son smartphone.
Au terme de la réunion, le Premier ministre Jean-Max Bellerive s'est excusé du fait de sa maladresse en utilisant le mot « individus ».
Selon les infos, la prochaine réunion de la CIRH est fixée au mois de janvier 2011, un an après le séisme. Entre-temps, sept mois après la création de cette commission, les résultats sont minces et les défis énormes. Clinton perdra-t-il la face ? Gabriel Verret, plus sensible aux sollicitations des donateurs que des nationaux sera-t-il à la hauteur ? Seul le temps le dira face au spectre de ce géant en papier mâché, comme le disent les détracteurs de cette structure...
La reunion s'est achevée vers minuit, heure dominicaine. Elle aura duré plus de deux heures de plus que prévu. Elle s'achève sans une declaration finale ni grande annonce. Un fait est certain, la CIRH doit corriger le tir.
Roberson Alphonse
Commentaire
Un premier ministre qui ne sait pas contrôler sa langue est-il digne de représenter les Haïtiens dans une situation aussi délicate? Fait-il exprès d`indisposer ces gens qui pourtant nous aident parce qu`il veut tout assumer tout seul et sans contrôle, inspire en cela, évidemment par son chef? Quel dommage que nous soyons diriges par des ``individus`` (pour répéter le premier ministre) de ce calibre-là à un moment aussi crucial de l`existence de ce pays en déclin.
Haïti: 7 heures 33. Le ciel est gris et la brise glaciale. Les 12 membres de la « partie haïtienne de la CIRH » commencent à arriver. Des ministres du gouvernement aussi. L'avion qui doit les emmener à la quatrième réunion de cette commission à Santo Domingo fait le plein sur le tarmac de « Log base », la plus importante plateforme de la MINUSTAH en Haïti, non loin de l'aéroport international Toussaint Louverture, sur la route de Mais Gâté. L'ambiance est amicale. « Carte d'embarquement, s'il vous plaît ! ». L'exclamation traverse la petite salle d'attente. L 'hôtesse, forte, athlétique, un anglais imprégné de l'accent hindou, attire l'attention et met un terme aux bruissements des groupuscules immergés dans leurs discussions. Deux heures d'attente ! Rien de grave, même sans le café matinal, compensé par des cigarettes tranquillement grillées par des accros à la nicotine. On ne fait pas la tête.
Les pires craintes de turbulence sont dissipées malgré les nuages et une météo affreuse, ce mardi 14 décembre 2010. Le vol est agréable jusqu'à l'aéroport international Las Américas. La navette, après l'atterrissage, tant bien que mal, emmène tout le monde, journalistes compris, à l'immigration où 10 dollars US pour le permis de séjour sont exigés à ceux n'ayant pas le visa dominicain. Aucun statut particulier pour ces membres de la CIRH qui, en principe, « analysent » et « valident » des projets dont les enveloppes atteignent dans certains cas des dizaines de millions de dollars.
L'immigration et les douanes franchies, le pied de grue s'impose. Une dizaine de minutes seulement. Suffisant pour constater l'étalage ostentatoire et fier de la réussite du voisin dont les infrastructures témoignent du progrès, de la stabilité politique et économique des dernières décennies.
« Délégation d'Haïti » gravé sur un bout de carton par un Dominicain signale la fin de l'attente. On s'engouffre avec les sacs de voyage dans un vieux bus. Le sourire radieux, les lèvres roses articulant le « Buenos dias » d'une jeune dominicaine ayant un faux air de Jennifer Lopez, l'histoire de Mariella sur le pylône occultent l'inconfort dans le bus jusqu'à l'hôtel Hilton où, surpris, on apprend que la réunion se tiendra à cinq heures. La météo fait des siennes aussi dans le « Big Apple ». Clinton est empêché et le Premier ministre Jean-Max Bellerive interviendra depuis Port-au-Prince par vidéo conférence.
Une fois le check-in terminé, la sixième étage est rapidement envahi. Le lunch y est. Salades, pâtisseries. Régal. Paradoxalement, les premiers signes d'inconfort sont décelés. « Je ne vais pas avaliser n'importe quoi. Nous sommes comme le Parlement, c'est de notre responsabilité de jouer effectivement notre rôle », crache un membre de la partie haïtienne de la CIRH. Malaise ? Peut-être.
Trois heures nous séparent de la réunion et on a le temps de faire la sieste, visiter l'hôtel, reprendre un bain.
Une trentaine de minutes après cinq heures, Bill Clinton entre dans la salle, kleenex en main. Les représentants de la partie haïtienne ont déjà pris siège. Vilaine grippe et tristesse à cause de la disparition de M. Richard Holbrooke, ambassadeur, envoyé spécial de Obama pour le Proche-Orient. La réunion démarre, Clinton situe le cadre : « Il faut poursuivre les efforts pour la reconstruction d'Haïti, peu importe le gagnant de l'élection présidentielle. » « Malgré le choléra, enchaîne-t-il, nous avons fait des progrès et nous devons poursuivre. C'est important. Si le peuple haïtien voit des projets tangibles, il croira que le travail peut être fait », ajoute Clinton qui souligne que des projets pour un montant de 2. 6 milliards de dollars ont déjà été approuvés par la CIRH.
Petite discussion pour changer le menu de la réunion entre l'ex-Premier ministre jamaïcain Perceval Patterson, représentant de la CARICOM, et Bill Clinton. Patterson se plie. Le président dominicain Leonel Fernandez arrive. Comme Clinton, il exprime sa foi dans l'avenir d'Haïti.
Fernandez, proactif depuis le tremblement de terre du 12 janvier, insiste sur la nécessité d'une conjugaison des efforts afin d'aider au relèvement d'Haïti en proie à une épidémie de choléra et aux prises à des élections ayant donné lieu a des actes de violence. « Ce sont des défis qu'il faut surmonter avec l'effort de chacun », explique-t-il en appelant les donateurs à poursuivre avec le versement des fonds promis.
« Beaucoup de travail doit être fait pour enlever les déblais, construire des logements, créer des emplois et permettre à nouveau la croissance de l'économie d'Haïti. Il faut avoir un agenda ambitieux non seulement pour permettre à Haïti d'être comme elle était avant le tremblement de terre du 12 janvier, mais surtout pour garantir son développement durable », ajoute-t-il avant un moment d'émotion provoqué par des flash-back. Une vidéo projetée sur un écran en face du siège du chairman montre des scènes insoutenables du tremblement de terre. Parmi elles, celles de deux hommes fuyant l'effondrement du Palais national et des actions menées sur le terrain pour enlever les déblais et la pose de la première pierre d'un hôpital qui sera construit à Mirebalais.
Gabriel Verret, directeur exécutif de la CIRH, sept mois après la création de cette commission présente le plan d'action. Huit secteurs prioritaires, les objectifs, comment trouver des fonds et l'urgence d'appliquer des politiques publiques notamment dans le domaine foncier. « Je ne rentre pas dans ces détails », lâche M. Verret, ex-conseiller économique du président René Préval. Des redites par rapport à la deuxième réunion de la commission au Karibe, à Port-au-Prince.
« Ce plan n'est pas les dix commandements. Je pense qu'il peut-être revisité », nuance Clinton dont le prestige a jusqu'ici servi de garant à cette commission.
Patterson revient à la charge
Au terme de l'identification d'une série de failles organisationnelles, d'opacité, de non transmission d'information à temps aux membres de la CIRH par le comité exécutif, Perceval Patterson rappelle la responsabilité commune et le devoir de reddition de comptes. Comment les contrats sont-ils signés ? Quelles sont les critères d'évaluation des projets approuvés ?, s'interroge l'homme politique caribéen en affichant son scepticisme.
« Je sonne désespéré. Je suis désespéré. La situation réclame de la célérité. Nous n'avons pas de temps à perdre », confie-t-il en ajoutant qu'il sait « que le peuple haïtien n'attendra pas indifférent la réalisation d'actions tangibles comme le ramassage des déblais, la construction de logement ».
« Les gens ne doivent pas vivre dans cette situation, presqu'un an après le tremblement de terre », indique Perceval Patterson qui invite à prendre en compte la charge émotionnelle de cette date.
Clinton, diplomatique, encaisse, explique avec au début une nervosité à fleur de peau. Gabriel Verret explique également. Sans convaincre. Le stock des excuses semble avoir été épuisé avec le temps et les mises en place que l'on ne saurait ne pas avoir fait.
Gabriel Verret passé à la moulinette
Mme Suze Perci Filippini, représentante de l'Exécutif à la CIRH, demande la parole. Contre toute attente, elle annonce qu'elle va donner lecture de « la position de douze membres de la partie haïtienne de la CIRH et du mode de fonctionnement de la commission ».
« Les douze membres de la partie haïtienne ici présents se sentent complètement débranchés de la vie de la CIRH. A l'heure des TIC, il existe un déficit crucial de communication et d'information de la part du secrétariat exécutif et encore plus du comité exécutif. En dépit de notre fonction dans la structure de l'institution, nous n'avons à ce jour reçu aucun rapport de suivi des activités de la CIRH. Les contacts s'établissent seulement à la veille des réunions du conseil d'administration. Le conseiller n'a ni le temps de lire, ni d'analyser, ni de comprendre et encore moins de réagir intelligemment aux projets qui lui sont soumis à la dernière minute, malgré toutes les doléances formulées et toutes les promesses faites à ce sujet », révèlent les signataires de cette déclaration.
« Les projets sont transmis au Conseil sous forme de tableau de synthèse, la veille des réunions. Les changements de procédures dans les formalités de soumission de projets online varient sans aucun avis. Le recrutement et le choix des firmes conseils se sont réalisés à l'insu de la partie haïtienne du conseil d'administration. Aucun document n'est venu informer le Conseil sur les critères d'embauche et sur le profil des candidats », poursuit les signataires de cette déclaration dont les démarches pour « faire le point sur le mode de collaboration entre les deux instances » ont été « ignorées ».
Verret répond. Mélodrame
« J'accepte la critique. Ce n'est pas nécessairement utile et constructif de répondre ici à certaines questions soulevées », répond M. Verret, hésitant et visiblement embarrassé. Clinton, subtilement, détend l'atmosphère en expliquant qu'il est de la responsabilité de la partie haïtienne de veiller au grain, avant le dérapage verbal ou la boulette de Jean-Max Bellerive qui souligne qu'il n'est pas toujours facile pour que des "individus" d'horizons différents puissent travailler sans difficultés.
Remontée, un sanglot dans la voix, Mme Filippini s'est montré indignée à cause du qualificatif « individu » utilisé par le Premier ministre Jean-Max Bellerive. Un mot attentatoire à sa personne et à la professionnelle qu'elle est, dit-elle, alors que M. Verret, peu attentionné à la formulation de la proposition de M. Clinton et de Ricardo Seitenfus, représentant de l'OEA en vue de tenir des consultations rapprochées sur l'avancement des dossiers entre la partie haïtienne et le comité executive, continue de pianoter sur son Blackberry. On dirait que Veret avait une reunion plus importante sur son smartphone.
Au terme de la réunion, le Premier ministre Jean-Max Bellerive s'est excusé du fait de sa maladresse en utilisant le mot « individus ».
Selon les infos, la prochaine réunion de la CIRH est fixée au mois de janvier 2011, un an après le séisme. Entre-temps, sept mois après la création de cette commission, les résultats sont minces et les défis énormes. Clinton perdra-t-il la face ? Gabriel Verret, plus sensible aux sollicitations des donateurs que des nationaux sera-t-il à la hauteur ? Seul le temps le dira face au spectre de ce géant en papier mâché, comme le disent les détracteurs de cette structure...
La reunion s'est achevée vers minuit, heure dominicaine. Elle aura duré plus de deux heures de plus que prévu. Elle s'achève sans une declaration finale ni grande annonce. Un fait est certain, la CIRH doit corriger le tir.
Roberson Alphonse
Commentaire
Un premier ministre qui ne sait pas contrôler sa langue est-il digne de représenter les Haïtiens dans une situation aussi délicate? Fait-il exprès d`indisposer ces gens qui pourtant nous aident parce qu`il veut tout assumer tout seul et sans contrôle, inspire en cela, évidemment par son chef? Quel dommage que nous soyons diriges par des ``individus`` (pour répéter le premier ministre) de ce calibre-là à un moment aussi crucial de l`existence de ce pays en déclin.
Le Monde.fr
Des Américains s'inquiètent de l'introduction du variant sud-asiatique du choléra en Amérique
Dans les rues de Port-au-Prince, le 10 décembre.AFP/HECTOR RETAMAL
Depuis plus d'un siècle, Haïti n'avait pas connu le choléra. Ce pays, l'un des plus pauvres du monde, a été frappé brutalement en octobre et là où ne l'attendait pas.
Révélées par Le Monde le 5 décembre, les conclusions de l'enquête épidémiologique conduite sur place en novembre par le professeur Renaud Piarroux, spécialiste du choléra (CHU de Marseille) envoyé par le gouvernement français, ont pointé une origine à l'épidémie : le camp du bataillon népalais de la Minustah, les Casques bleus en Haïti. Une épidémie, importée du Népal, a touché les soldats de ce contingent. Leurs excréments, auraient été déversés "en quantités phénoménales" par un sous-traitant haïtien dans le fleuve Artibonite, contaminant l'eau utilisée par la population des localités environnantes et répandant la maladie à une vitesse foudroyante.
Ce scénario a été rejeté par les responsables du bataillon népalais et le rapport du professeur Piarroux a été mis sous le boisseau afin de ne pas perturber le processus électoral en Haïti.
Il est pourtant conforté à présent par une publication scientifique analysant l'origine de la souche en cause dans l'épidémie haïtienne. Une équipe regroupant des scientifiques haïtiens et américains, notamment de la faculté de médecine de Harvard (Boston, Mass.), confirme en effet, dans un article publié jeudi 9 décembre par le New England Journal of Medicine, l'origine asiatique et importée de la souche de vibrion cholérique, la bactérie qui provoque la choléra, à l'origine de l'épidémie touchant Haïti depuis la mi-octobre.
"L'épidémie d'Haïti résulte probablement de l'introduction par l'homme d'une souche de vibrion cholérique provenant d'une source géographique éloignée", écrivent Chen-Shan Chin et ses collègues américains.
Une pandémie de choléra sévit actuellement au niveau mondial – la septième connue dans l'histoire – est responsable annuellement, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de 3 millions à 5 millions de cas, qui provoquent de 100 000 à 300 000 décès.
Cette pandémie est due à un type de vibrion cholérique baptisé "El Tor o1", apparu pour la première fois en 1961 en Indonésie. Les souches "El Tor o1" qui sévissent de manière permanente en Amérique du Sud et centrale n'avaient jusqu'ici jamais entraîné de choléra sur l'île d'Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, rappellent les auteurs de l'étude américaine.
De ce fait, les experts ont cherché à déterminer l'origine géographique responsable de l'épidémie qui a déjà fait plus de 2 000 morts en Haïti. Pour cela, ils ont procédé au séquençage du génome des vibrions cholériques retrouvés dans les selles de deux malades haïtiens, de celui d'une souche de "El Tor 01" isolée en 1991 au Pérou lors de son apparition en Amérique latine et de ceux de deux autres souches identifiées en 2002 et en 2008 au Bangladesh (Asie du Sud).
Ils ont également comparé les séquences génétiques obtenues à celles de 23 autres souches. Leur conclusion est claire : "Il existe une étroite relation entre les souches isolées en Haïti et les souches 'El Tor o1' isolées au Bangladesh en 2002 et 2008. Par contraste, l'analyse des variations du génome des prélèvements haïtiens révèle une relation plus distante avec les souches circulant en Amérique latine." De même, ils diffèrent de souches retrouvées en Afrique de l'Est.
Autre point important, les analyses montrent que l'épidémie a bien été provoquée par une souche unique. Les auteurs indiquent que leurs données ne vont pas dans le sens de l'hypothèse selon laquelle la souche haïtienne serait issue de l'environnement aquatique. "De ce fait, il est peu vraisemblable que des événements climatiques soient à l'origine de l'épidémie en Haïti", écrivent-ils, estimant que la détermination exacte de la manière dont la souche sud-asiatique du vibrion cholérique a été introduite en Haïti requiert une enquête épidémiologique.
Ce travail de l'équipe américano-haïtienne complète donc et conforte l'enquête épidémiologique conduite par le professeur Piarroux, en écartant la piste d'une origine locale ou régionale de l'épidémie et en pointant l'Asie du Sud. Dans son rapport, le professeur Piarroux rappelle qu'à l'époque où des soldats du bataillon de la Minustah ont quitté Katmandou (Népal), une épidémie de choléra y sévissait.
Dans leur article du New England Journal of Medicine, Chen-Shan Chin et ses collègues s'inquiètent des conséquences que pourrait avoir, au-delà même des frontières d'Haïti, l'"introduction accidentelle du variant sud-asiatique du vibrion El Tor" dans la région. Plus adaptée à se répandre et plus résistante aux antibiotiques que d'autres, cette souche semble donner des formes plus sévères de choléra. Des caractéristiques qui pourraient, selon les chercheurs, lui faire supplanter le vibrion cholérique "El Tor o1" actuellement installé en Amérique latine.
Paul Benkimoun
Commentaire
Il est très possible qu`une expérience imprévue fasse prendre conscience a l`ONU du danger auquel elle expose non seulement les Haïtiens, mais d`autres pays qui risquent d`être affectés par le même mal. Il sera peut être trop tard. Malheureusement. D`où la nécessité de faire pression et maintenant! C`est la meilleure façon d`éviter l`extension de cette forme insidieuse de génocide ...qui a déjà commencé…en Haïti.
Dans les rues de Port-au-Prince, le 10 décembre.AFP/HECTOR RETAMAL
Depuis plus d'un siècle, Haïti n'avait pas connu le choléra. Ce pays, l'un des plus pauvres du monde, a été frappé brutalement en octobre et là où ne l'attendait pas.
Révélées par Le Monde le 5 décembre, les conclusions de l'enquête épidémiologique conduite sur place en novembre par le professeur Renaud Piarroux, spécialiste du choléra (CHU de Marseille) envoyé par le gouvernement français, ont pointé une origine à l'épidémie : le camp du bataillon népalais de la Minustah, les Casques bleus en Haïti. Une épidémie, importée du Népal, a touché les soldats de ce contingent. Leurs excréments, auraient été déversés "en quantités phénoménales" par un sous-traitant haïtien dans le fleuve Artibonite, contaminant l'eau utilisée par la population des localités environnantes et répandant la maladie à une vitesse foudroyante.
Ce scénario a été rejeté par les responsables du bataillon népalais et le rapport du professeur Piarroux a été mis sous le boisseau afin de ne pas perturber le processus électoral en Haïti.
Il est pourtant conforté à présent par une publication scientifique analysant l'origine de la souche en cause dans l'épidémie haïtienne. Une équipe regroupant des scientifiques haïtiens et américains, notamment de la faculté de médecine de Harvard (Boston, Mass.), confirme en effet, dans un article publié jeudi 9 décembre par le New England Journal of Medicine, l'origine asiatique et importée de la souche de vibrion cholérique, la bactérie qui provoque la choléra, à l'origine de l'épidémie touchant Haïti depuis la mi-octobre.
"L'épidémie d'Haïti résulte probablement de l'introduction par l'homme d'une souche de vibrion cholérique provenant d'une source géographique éloignée", écrivent Chen-Shan Chin et ses collègues américains.
Une pandémie de choléra sévit actuellement au niveau mondial – la septième connue dans l'histoire – est responsable annuellement, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de 3 millions à 5 millions de cas, qui provoquent de 100 000 à 300 000 décès.
Cette pandémie est due à un type de vibrion cholérique baptisé "El Tor o1", apparu pour la première fois en 1961 en Indonésie. Les souches "El Tor o1" qui sévissent de manière permanente en Amérique du Sud et centrale n'avaient jusqu'ici jamais entraîné de choléra sur l'île d'Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, rappellent les auteurs de l'étude américaine.
De ce fait, les experts ont cherché à déterminer l'origine géographique responsable de l'épidémie qui a déjà fait plus de 2 000 morts en Haïti. Pour cela, ils ont procédé au séquençage du génome des vibrions cholériques retrouvés dans les selles de deux malades haïtiens, de celui d'une souche de "El Tor 01" isolée en 1991 au Pérou lors de son apparition en Amérique latine et de ceux de deux autres souches identifiées en 2002 et en 2008 au Bangladesh (Asie du Sud).
Ils ont également comparé les séquences génétiques obtenues à celles de 23 autres souches. Leur conclusion est claire : "Il existe une étroite relation entre les souches isolées en Haïti et les souches 'El Tor o1' isolées au Bangladesh en 2002 et 2008. Par contraste, l'analyse des variations du génome des prélèvements haïtiens révèle une relation plus distante avec les souches circulant en Amérique latine." De même, ils diffèrent de souches retrouvées en Afrique de l'Est.
Autre point important, les analyses montrent que l'épidémie a bien été provoquée par une souche unique. Les auteurs indiquent que leurs données ne vont pas dans le sens de l'hypothèse selon laquelle la souche haïtienne serait issue de l'environnement aquatique. "De ce fait, il est peu vraisemblable que des événements climatiques soient à l'origine de l'épidémie en Haïti", écrivent-ils, estimant que la détermination exacte de la manière dont la souche sud-asiatique du vibrion cholérique a été introduite en Haïti requiert une enquête épidémiologique.
Ce travail de l'équipe américano-haïtienne complète donc et conforte l'enquête épidémiologique conduite par le professeur Piarroux, en écartant la piste d'une origine locale ou régionale de l'épidémie et en pointant l'Asie du Sud. Dans son rapport, le professeur Piarroux rappelle qu'à l'époque où des soldats du bataillon de la Minustah ont quitté Katmandou (Népal), une épidémie de choléra y sévissait.
Dans leur article du New England Journal of Medicine, Chen-Shan Chin et ses collègues s'inquiètent des conséquences que pourrait avoir, au-delà même des frontières d'Haïti, l'"introduction accidentelle du variant sud-asiatique du vibrion El Tor" dans la région. Plus adaptée à se répandre et plus résistante aux antibiotiques que d'autres, cette souche semble donner des formes plus sévères de choléra. Des caractéristiques qui pourraient, selon les chercheurs, lui faire supplanter le vibrion cholérique "El Tor o1" actuellement installé en Amérique latine.
Paul Benkimoun
Commentaire
Il est très possible qu`une expérience imprévue fasse prendre conscience a l`ONU du danger auquel elle expose non seulement les Haïtiens, mais d`autres pays qui risquent d`être affectés par le même mal. Il sera peut être trop tard. Malheureusement. D`où la nécessité de faire pression et maintenant! C`est la meilleure façon d`éviter l`extension de cette forme insidieuse de génocide ...qui a déjà commencé…en Haïti.
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