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mardi 4 octobre 2011

Garry Conille, nouveau Premier ministre désigné d’Haïti

Après plusieurs jours de valse-hésitation, le Président Michel Martelly a finalement choisi lundi soir, comme éventuel successeur de Jean-Max Bellerive, le jeune médecin et fonctionnaire des Nations Unies dont le dossier de candidature sera bientôt soumis aux deux Chambres du Parlement
Publié le lundi 5 septembre 2011
Le Président Michel Martelly a officiellement désigné lundi soir le Dr Garry Conille, un fonctionnaire onusien de 45 ans, pour briguer le poste de Premier ministre, en vue de combler le vide gouvernemental auquel est confronté le pays depuis près de quatre mois.
"Par application de l’article 137 de la constitution, je vous informe que j’ai fait choix du docteur Garry Conille comme Premier ministre", écrit le chef de l’Etat dans la lettre de nomination envoyée aux présidents du Sénat, Rodolphe Joazile, et de la Chambre des Députés, Sorel Jacinthe.
Pour avoir le droit d’accéder à la Primature et de former son gouvernement, le nouveau prétendant devra passer avec succès, au Sénat et à la Chambre basse, l’examen de sa désignation. De même, sa déclaration de politique générale sera soumise à ratification en Chambre séparée.
Fils du Dr Serge Conille, un ancien ministre de Jean-Claude Duvalier, le successeur potentiel du Premier ministre démissionnaire, Jean-Max Bellerive, a été notamment, ces derniers mois, chef de cabinet de l’ancien numéro un américain, Bill Clinton, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour Haïti et co-président de la Commission intérimaire pour la reconstruction (CIRH).
Considéré comme proche de la communauté internationale, Garry Conille se trouvait depuis quelques jours à l’étranger afin de régler les formalités administratives liées à son départ du poste de représentant résident du Programme de l’ONU pour le Développement (PNUD) au Niger. Il occupait cette fonction depuis juillet dernier.
M. Conille a été diplômé en médecine à l’université d’Etat d’Haïti avant d’émigrer aux Etats-Unis où il a fait des études en administration.
Depuis sa prise de pouvoir au mois de mai, le Président Martelly en est à son troisième Premier ministre désigné.
Ses deux premiers choix avaient porté sans succès sur l’homme d’affaires Daniel-Gérard Rouzier et le juriste Bernard Gousse, tous deux rejetés, l’un par les Députés, en juin, et l’autre par les Sénateurs, début août.
Au Parlement où l’ancienne plateforme présidentielle INITE et ses alliés détiennent une majorité relative, la position des principales forces politiques sur la candidature de Garry Conille n’était pas encore connue. spp/Radio Kiskeya

http://radiokiskeya.com/spip.php?article8042

Commentaire
Enfin, un geste intelligent de ces sénateurs dont la lenteur (les négociations sous-terraines prolongées)a coûté assez de ressources inutilement gaspillées (ou attendant d’être allouées) à ce pays pauvre! Maintenant que le premier ministre est désigné, il faudra encore certainement un certain temps pour les formalités de sa ratification, entre-temps, les gens observent, doutent, espèrent. Les résistences contre le changement vont certainement se renforcer aussi. Mais ceux qui vont dans le sens des intérêts de la majorité savent déjà ou devront savoir qu'ils n'ont pas le droit de chômer. Qu'un changement véritable (et non une touche purement esthétique) vienne finalement délivrer le pays de cette longue attente!

Haïti-Cholera : Importante recrudescence à Port-au-Prince

lundi 3 octobre 2011
P-au-P, 3 oct. 2011 [AlterPresse] --- L’épidémie de cholera a repris avec « une plus grande intensité » dans la capitale haïtienne, selon l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF), impliquée dans la réponse humanitaire à la maladie.
En un mois, le nombre d’admissions de patients affectés par le cholera est passé de moins de 300 à 850, dit constater MSF au niveau de ses Centres de Traitement de Cholera (CTC).
La situation pourrait encore s’aggraver dans les prochaines semaines, craint l’organisation internationale, dans une note transmise à AlterPresse.
Depuis plusieurs jours, le climat sur le pays est dominé par une zone d’humidité générant d’importantes averses, notamment sur la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Le cholera depuis son apparition en cotobre 2010 a déjà causé la mort de plus de 6 mille 400 haïtiens. [kft gp apr 3/10/2011 09:50]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article11650

Commentaire
Réouverture des classes et recrudescence du choléra à Port-au-Prince: un mélange hautement explosif. Dans un pays où la situation ne tend pas à s'améliorer ni dans le domaine sanitaire, ni dans le domaine des infrastructures, ni dans celui de l'environnement (école, route, température, eau, transport, collecte de déchets, etc.), c'est dur. Si en plus, on y ajoute les fortes pluies de ces derniers jours, les milliers de tentes qui jonchent les camps de fortune après janvier 2010, alors on pourra comprendre la panique qui agite tant les esprits.

lundi 3 octobre 2011

Le G-16 appuie Conille dans la division

Des négociations directes avec le Premier ministre désigné n’ont pas suffi à unifier le groupe majoritaire qui, selon le Sénateur Evalière Beauplan, entend propulser le candidat à la Primature moyennant l’attribution de ministères, directions générales et missions diplomatiques ; pour sa part, la commission spéciale aurait du mal à soumettre son rapport en raison de profonds désaccords sur les recommandations favorables à Garry Conille, affirme le Sénateur Moïse Jean-Charles qui fait partie des dissidents
Publié le jeudi 29 septembre 2011
Le Groupe des 16, majoritaire au Sénat, a eu jeudi une rencontre axée sur le « partage des responsabilités » avec le Premier ministre désigné, Garry Conille, question pour cette entité de conditionner à des concessions politiques importantes son vote à la veille de la séance de ratification.
« C’était une excellente rencontre », a dit Conille, après plusieurs heures de discussions au siège du parti Konba (membre de la plateforme INITE), ajoutant qu’il en est sorti pleinement satisfait. Très peu loquace, l’aspirant à la Primature s’est montré une fois de plus confiant en ses chances d’obtenir le feu vert des Sénateurs après avoir fait le plein à la Chambre des Députés.
Pour le reste, le Dr Conille a préféré laisser à ses interlocuteurs le soin de révéler le contenu de la conversation. Ce dont s’est chargé le Sénateur Evallière Beauplan qui affirme, sans donner davantage de précisions, que le Premier ministre désigné a parfaitement compris la nécessité du « partage des responsabilités ». Dans cette perspective, il a identifié le ministère de l’agriculture parmi les portefeuilles que le G-16 peut aisément décrocher au sein du prochain gouvernement. Conscient que les ambitions de pouvoir du groupe avaient aussi leurs limites, le parlementaire du nord-ouest a indiqué que les ministères régaliens sont pratiquement hors d’atteinte.
En revanche, Beauplan a clairement prévenu que les négociations ne s’arrêteraient pas au cabinet ministériel et engloberaient tout naturellement diverses directions générales et missions diplomatiques d’Haïti.
Il a estimé à 60% le niveau d’adhésion du Groupe des seize à la candidature de Garry Conille. Des efforts visant à convaincre les élus hostiles ou réticents étaient en cours afin d’éviter que la division ne gagne les rangs de la majorité lors du vote.
Mais, on devait apprendre jeudi soir que le groupe n’a pu parvenir à une position unitaire à l’issue d’une réunion spéciale consacrée à la séance de ratification.
Un des membres de la commission spéciale ayant examiné les pièces du potentiel futur Premier ministre, le Sénateur Moïse Jean-Charles, n’a pas caché son opposition à Conille dont le dossier présente, à son avis, des anomalies techniques. 75% des élus du G-16 se sont exprimés en sa faveur, affirme le parlementaire du nord en prédisant que le bloc majoritaire étalerait au grand jour ses contradictions.
Le désaccord ne s’est pas limité au G-16 et risque de marquer également la présentation du rapport de la commission sénatoriale. Selon Moïse Jean-Charles, tard jeudi après-midi, le document n’était toujours pas remis au bureau de l’assemblée en raison des contestations émises contre des recommandations favorables au Dr Conille. Certains membres de la commission refuseraient même de signer le rapport dans la version proposée.
Aucune date n’a encore été avancée officiellement pour la tenue de la séance au cours de laquelle, sauf surprise, l’ancien fonctionnaire onusien et proche collaborateur de Bill Clinton à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) devrait accéder à la Primature. spp/Radio Kiskeya

http://radiokiskeya.com/spip.php?article8116

Commentaire
Quelqu'un a émis sur le site de radio Kiskeya, l'idée qu'il n'y a pas suffisamment de gâteau pour rassasier tous les grands-mangeurs de ce pays. Un autre tout aussi légitimement indigné pense qu'on ne devrait ni envoyer de l'argent, ni téléphoner, pour les tenir évidemment par là ou ça fait mal. Vous avez parfaitement raison tous les deux. Personne ne peut vous blâmer d'éprouver de l'indignation face à ce genre d'abus. Le dilemme, c'est que ce sont les autres, les laissés-pour-compte, qui vont être privés de ce dont ils ont pourtant tellement besoin. Plus un politicien haitien est incompétent, plus il est dangereux car il sait que si les choses s'arrangent, il n'aura plus de tribune, il n'aura plus de source où satisfaire sa soif insatiable. C'est pourquoi il planifie, manipule, il ourdit dans l'ombre les pires combinaisons pour s'assurer que personne ne peut rien faire sans tomber dans son filet. Il tient le pays en otage par les tripes. En d'autres termes, il intercepte la cuillère avant qu'elle n'atteigne la bouche du pauvre. Cela s'appelle être doublement inconscient. Si Haiti devait commencer aujourd'hui un vrai processus de développement, ces personnes, ces sangsues qui le vident de ce qui lui reste d'énergie, en éprouveraient une peine profonde. C'est la source de leur richesse qui se tarirait. La misère d'Haiti est source de revenue pour plus d'un. Ils ne se conçoivent pas dans un pays avancé. Ils sont trop paresseux pour s'y adapter, trop vieux pour changer. Parasitisme oblige!

dimanche 2 octobre 2011

Haiti-Éducation : Une bibliothèque numérique pour faciliter l’accès à la documentation à l’Université d’État

vendredi 30 septembre 2011
P-au-P, 30 sept. 2011 [AlterPresse] --- Une bibliothèque numérique sera inaugurée ce 30 septembre à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) afin d’aider à combler le vide en matière de documentation, informe le rectorat.
Cette bibliothèque, établie au local de la Faculté des Sciences (centre de la capitale), représente « une opportunité énorme » pour les étudiants et les professeurs, qui auront accès à de la documentation en ligne, déclare le recteur Vernet Henry à AlterPresse.
15 000 étudiants et professeurs pourront utiliser cet espace numérique qui dispose de 60 postes informatiques sur 100 m2, selon les informations disponibles.
Cette bibliothèque a été construite dans le cadre d’un partenariat entre l’Université d’État d’Haïti et les Bibliothèques Sans Frontières (BSF).
Un système est en train d’être étudié en vue de permettre aux utilisateurs (professeurs et étudiants) d’avoir accès à la bibliothèque numérique « à partir de leur propre faculté », indique le professeur Henry.
La bibliothèque numérique de l’UEH devra « éventuellement » à l’avenir desservir des étudiants et étudiantes d’autres universités privées de la capitale haïtienne d’après le rectorat de l’UEH. [gp apr 30/09/2011 10:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article11642

Commentaire
Extrêmement profitable, une telle initiative! Souhaitons que ce projet ne s’arrête pas là et que les prévisions favorables aux autres étudiants des autres universités deviennent réalité!

Haïti-Politique : Martelly prévoit de rencontrer les anciens chefs d’États haïtiens à partir d’octobre

vendredi 30 septembre 2011
P-au-P, 30 sept. 2011 [AlterPresse] --- L’actuel président haïtien Michel Martelly prévoit de rencontrer tous les anciens chefs d’Etat haïtiens encore en vie et présents sur le sol national, dont l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier (1971-1986) et l’ancien prêtre Jean Bertrand Aristide (février-septembre 1991), apprend AlterPresse.
Les démarches devraient débuter à partir de « la deuxième semaine du mois d’octobre (2011) », a fait savoir à AlterPresse une source proche de la présidence.
Lesly François Manigat (février-juin 1988), René Préval (1996-2001, 2006-2011), Alexandre Boniface (2004-2006) et Gérard Gourgues sont parmi les personnalités visées par Michel Martelly, toujours selon cette même source.
La présidence voit en cela un moyen pour « dégager des pistes » et pour aboutir à de meilleurs résultats, indique t-on, mais aucune invitation n’a encore été lancée.
Michel Martelly a déjà lui-même affirmé ouvertement son intention de discuter avec tous les anciens présidents haïtiens encore vivants, lors de l’inauguration, ce 29 septembre 2011, du nouveau local de la station privée Radio Télé Guinen, dont l’ancien local a été détruit par le séisme de janvier 2010.
Michel Martelly répondait à la question d’un journaliste relative à la nécessité d’un dialogue national. [rh kft apr 30/09/2011 14 :25]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article11646

Commentaire
C'est là une promesse de campagne de Martelly mais nous ne sommes plus en campagne. Et le pays a d'autres priorités. Si une réunion avec les anciens chefs d’état n'a rien de négatif, il n'y a rien de particulièrement positif à en attendre. Tous ces personnages ont occupé le pouvoir et qu'ont-ils à leur actif à part Gerard Gourgue qui a eu le courage de s’éloigner volontairement de la mascarade? Il faut avouer aussi qu'on ne sait pas ce qu'aurait donné Manigat comme président car il a subi un coup d’état sept mois à peine après avoir accédé à la première magistrature. La priorité maintenant, c'est de reconstruire le pays, de créer des emplois, de construire des écoles mais surtout de revigorer l'agriculture, le tourisme, etc. Le reste n'est que de la politique dont le pays est fatigué. A moins que celui qui a posé la question ait voulu sonder le terrain au nom d'un candidat en particulier, désireux de se faire voir avec le président pour épater la galerie alors que le pays piétine.

Haïti-Intempéries : Un disparu et plusieurs maisons endommagées lors d’inondations

samedi 1er octobre 2011
P-au-P, 01 oct. 2011 [AlterPresse] --- Une personne est portée disparue à Cornillon (ouest) et plusieurs maisons de Cité Doudoune (Nord de la capitale) ont été emportées par des eaux en furie, suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur le pays ce 29 septembre, apprend AlterPresse.
« Une personne a été emportée… dans la localité de Cornillon, on attend le résultats des recherches pour divulguer son identité », indique la responsable de la Protection civile de l’Ouest, Nadia Lochard, jointe au téléphone par AlterPresse.
Pour l’instant aucun mort n’est recensé, ajoute t-elle.
Par contre, dans la commune de Croix des bouquets, plus particulièrement « Cité Doudoune », plusieurs maisons ont été emportées, et des milliers de personnes logeant dans deux camps de cette localité ont subi les violentes averses, selon le témoignage de l’élu local de Ti-Bois (section de Croix des Bouquets), Célestin Jean Victor Turenne.
Le Centre National de Météorologie(CNM) prévoit encore de fortes pluies pour ce vendredi 30 septembre en raison de la persistance de l’humidité. Les départements du Sud, du Sud-Est, du Centre (est), du Nord-Est, de l’Artibonite et de l’Ouest plus particulièrement la capitale, seront touchés. Les populations des zones à risque sont appelées à observer les consignes de vigilance.
Par ailleurs, les deux systèmes cycloniques présents dans l’océan Atlantique, la tempête Orphélia transformée en ouragan de catégorie 3, et la tempête Philippe sont sous la surveillance du CNM. Ils ne représentent toutefois pas de menace directe pour Haïti. [jep kft gp apr 01/10/2011 07:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article11647

Commentaire
Chaque année, différents pays dans le monde confrontent des difficultés provoquées par les phénomènes naturels : tempêtes, ouragans, cyclones, tremblements de terre, etc. Et il en sera toujours ainsi. Rares sont les pays développés ou sous-développés, au nord ou au sud, à l'est ou à l'ouest qui courraient le risque de se vanter d’être à l'abri. Cependant dans la majorité de ces pays-là (quand la corruption, l’indifférence ou l’imprévision n'en décident pas autrement) des mesures sont prises pour protéger la population. La mesure la plus répandue consiste à respecter et à faire respecter certaines normes dans la construction des maisons, des édifices publics, l'entretien des voies, la construction de barrages, etc. En Haiti la mode a toujours été et est encore de ne pas faire grand chose et d’espérer un miracle. Si les autorités avaient adopté une attitude différente, rationnelle, cette pratique-là aurait disparu il y a belle lurette. Entre-temps les gens se trouvent dans l'obligation de fuir, se cacher, ou prier chaque fois qu'une nouvelle menace pèse sur le pays. Est-ce que le nouveau gouvernement qui n'existe même pas encore - à cause des ambitions effrénées de certains des sénateurs haïtiens - changera cette réalité?

samedi 1 octobre 2011

Rapport favorable, vote encore indécis

Un vote favorable à Garry Conille est recommandé par la commission spéciale des sénateurs, chargées d'analyser les pièces du Premier ministre désigné. Le rapport déposé au bureau du Grand Corps attendait, jusqu'à vendredi après-midi, les signatures de trois des huit membres de ladite commission. Reportage. .
Haïti: Crédité d'un rapport favorable de la commission spéciale qui a passé au crible ses pièces au Sénat, Garry Conille n'est toujours pas assuré de son ascension à la tête de la Primature, siège du gouvernement. « Dans le document rédigé en 14 pages, la commission a recommandé, sans langue de bois, un vote favorable à Garry Conille », a confié au journal, sous le couvert de l'anonymat, un sénateur qui a dirigé l'une des sous-commissions.
Interrogé sur la conclusion et les recommandations du rapport, le président de ladite commission, Simon Dieuseul Desras, entend garder le secret entier jusqu'à sa présentation en assemblée dans l'après-midi du lundi 3 octobre prochain. Trois tendances se sont dégagées au sein de la commission avant la conclusion du rapport, a indiqué le sénateur de l'Organisation Lavni, interrogé par moult journalistes. « Recommander recommander un vote favorable au Premier ministre désigné ; un vote défavorable à ce dernier ou demander à l'Assemblée de décider souverainement ont été les divers cas de figure envisagés par les membres de la commission », a expliqué le sénateur Desras. Finalement, a-t-il ajouté, la majorité des membres ont convenu de la nécessité de produire un rapport avec une conclusion et des recommandations.
Au lendemain de son dépôt au bureau du Sénat, le rapport attendait encore la signature de trois des huit membres de la commission. « Les sénateurs François Annick Joseph et Moïse Jean-charles n'ont pas encore signé parce qu'ils sont en province ; et Nènèl Cassy est au chevet de sa femme atteinte, jeudi soir, d'une balle », a précisé le président de la commission. La majorité des huit membres, a noté M. Desras, est d'accord sur le principe du rapport.
Le sénateur Steven Benoît, qui a récemment énuméré « les douze dérives » du président Michel Martelly, figure parmi les signataires du rapport. « J'ai signé le rapport en dépit de mes désaccords avec mes collègues sur certains points », a indiqué le parlementaire élu sous la bannière de la plateforme Alternative. Une mention des désaccords dans le rapport n'a pas été prise en compte par ses collègues qui ont préféré parler de controverses. « J'aurai à exprimer publiquement mes désaccords à l'issue de la présentation du rapport à l'Assemblée », a indiqué le sénateur de l'Ouest.
Le sénateur Moïse Jean-Charles, selon une source proche de la commission, ne serait pas enclin à la signature du rapport. Le bruyant sénateur du Nord, qui a été faire des investigations à l'Office national d'identification (ONI) et à la mairie de Pétion-Ville, a revelé des irrégularités dans les pièces de Garry Conille au regard de l'article 157 de la Constitution de 1987. « Garry Conille n'est pas enregistré dans le système de l'Office national d'identification », a insisté le sénateur Jean-Charles, en marge d'une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le groupe des 16 sénateurs, majoritaire, au Grand Corps.
La question de résidence du Dr Conille n'est toujours pas élucidée, selon le parlementaire. Le sénateur de la plateforme INITE prédit « un vote politique » au Sénat qui ouvrira davantage les portes de le Primature à Garry Conille qui n'a pas voté aux élections organisées dans le pays depuis l'instauration de la Carte d'identification nationale (CIN) sous la présidence provisoire de Bonniface Alexandre (2004-2006).
« Un marché aux puces »
Le vote favorable recommandé par la commission spéciale du Sénat n'a toutefois pas assuré que Garry Conille va sauter le second écueil dans le processus de la ratification de son choix. Le niveau d'adhésion du G16 au candidat à la Primature est évalué à 60% par le sénateur Evallière Beauplan. A l'approche du vote, le président Michel Martelly est d'accord sur le principe des « partages de responsabilités », a fait savoir M. Beauplan, qui s'exprimait à l'issue d'une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le Groupe des 16.
Au moins un ministère sur une liste de trois ciblés (Agriculture, Santé ou Environnement) pourrait tomber dans l'escarcelle du G16. Le sénateur Joseph Lambert, en fin de mandat à l'instar de Kély C. Bastien et d'Evallière Beauplan, se voit déjà à la tête de l'Environnement si l'Exécutif et ses compagnons de lutte n'y sont pas opposés. « Nous exigeons des ministères selon nos profils », a déclaré Evallière Beauplan, médecin de profession. Identifiant le coordonnateur du G16, Joseph Lambert comme agronome et Kély C. Bastien comme médecin, il n'espère obtenir aucun ministère régalien pour ses collègues qui ont les yeux rivés sur les directions générales et les missions diplomatiques.
Le Parti Ayiti Ann Aksyon (AAA), composante du Groupe des 12, traversé lui aussi par des déchirures, est également intéressé à des postes nominatifs dans le prochain gouvernement. Le sénateur William Jeanty assimile à « un marché aux puces » les négociations de postes ministériels, de directions générales et des missions diplomatiques pour ratifier le choix de Garry Conille.
La plateforme Alternative n'a pas donné encore de consigne à ses neuf membres au Sénat de la République. Le directoire et les élus de la plateforme se réuniront au cours du week-end, a confié le sénateur Steven Benoît. « Nous allons faire de notre mieux pour que tous les sénateurs de la plateforme Alternative votent dans le même sens », a fait savoir le sénateur Benoît.

Claude Gilles

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=97772&PubDate=2011-09-30

Commentaire
Peut-on prendre connaissance de ce que font plusieurs de nos politiciens et ne pas avoir la nausée? Oui, si l'on est doté d'un coeur de pierre!