vendredi 23 décembre 2011
P-au-P, 23 déc. 2011[AlterPresse] --- Le premier ministre Garry Conille annonce la constitution d’un comité qui se chargera d’étudier la faisabilité d’un « pacte de vivre ensemble », en marge d’une rencontre avec différents secteurs de la vie nationale haïtienne.
« J’ai déjà mis sur pied un comité de gens de la société civile qui travaille sur les termes de référence et un processus de consultation continue (…) », affirme le chef du gouvernement Garry Conille au dernier jour de la récente mission du Club de Madrid en Haiti, le 21 décembre.
Plus qu’un pacte de gouvernabilité le premier ministre préconise le pacte du bien vivre ensemble dont ce comité évaluera la faisabilité.
Selon les propos de Garry Conille ce comité sera lancé sous peu et aura un mandat de 12 mois.
Ce comité s’assurera aussi du suivi des dialogues entre les différentes institutions qui ont participé à la rencontre du 21 décembre avec le Club de Madrid comme intermédiaire.
Garry Conille voit dans cette initiative « un virage … le début d’un processus participatif de prise de décision qui devra renforcer les liens entre les différentes entités de l’État, assurer la participation des secteurs clés (dans les prises de décisions) et nous permettre d’avancer de manière unitaire » .
La question du dialogue national est sur la table depuis de nombreuses années. Des organisations politiques et religieuses promeuvent plusieurs formules d’échanges et d’entente autour des enjeux nationaux. [rh gp apr 23/12/2011 12:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12120
Commentaire
Haiti, nous ne cesserons de le répéter, est une communauté où tout est à faire plus qu'à refaire. On y est en plein désert peu importe dans quelle groupe, au sein de quelle association. C'est comme si une résistance insurmontable empêchait tout le monde d'avancer, de faire un premier pas pour pouvoir commencer quelque chose d'utile pour la communauté. Le concept même de communauté est difficile à cerner. L'habitude de s'entendre, de travailler ensemble, de poursuivre un objectif commun ne faisant pas partie de notre culture, tout se fait plus difficile qu'ailleurs, plus dur. La politique étant partout dans le monde une référence inévitable, il ne nous reste qu'à souhaiter que l'année nouvelle apporte plus de sagesse, plus de lucidité et plus de bonne volonté aux dirigeants de ce pays rongé par la corruption!
"HAITI-BLOG-NET"
Vivre dans un pays sans loi, c`est vivre dans l`esclavage de la peur. (Renos Dossous)
lundi 26 décembre 2011
samedi 24 décembre 2011
« Préparez l'avenir maintenant », dit Merten aux Haïtiens
L'ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth H. Merten, invite « les Haïtiens à préparer l'avenir maintenant ». Il a reçu Le Nouvelliste dans son bureau baigné de rayons argentés d'un soleil de décembre.
Haïti: La lumière vous happe en franchissant la porte du bureau de Kenneth H. Merten à l'extrême est de l'imposant building logeant l'ambassade américaine à Tabarre, quelques minutes avant 10 heures, le vendredi 23 décembre 2011. Des toiles, dont une de Tiga, maître du mouvement Saint Soleil, partagent le décor avec la bannière étoilée. "C'est très astre". Et le représentant de Barack Obama, « sobrement flashy », chemise bleue ciel, cravate bleue à rayures, calvitie prononcée, est en symbiose, en alchimie avec l'énergie des lieux.
Il répand, assis dans un fauteuil du petit salon aux couleurs vives, en face de son bureau bondé de courier et de documents, son optimisme en des lendemains meilleurs. « Haïti a la possibilité de se relancer, de renaître », croit le diplomate. Regarder vers l'avenir en préparant le futur aujourd'hui est son credo. Il le partage, le conseille, le souhaite aux politiques, aux hommes d'affaires, aux leaders de la société civile.
Le ton, un zeste solennel, Kenneth H. Merten renouvelle dans un français pas à point l'engagement des Etats-Unis envers Haïti. Sans rentrer dans les détails des enveloppes allouées pour financer différents projets, le diplomate révèle qu'il reste une partie des 3,2 milliards de dollars approuvés par le congrès américain après le séisme du 12 janvier 2010 : 900 000 000 de dollars . « Nous allons continuer à travailler avec nos partenaires sur le terrain pour trouver les moyens de dépenser cette somme », révèle Kenneth H. Merten, dont le pays finance plusieurs projets dans diverses régions d'Haïti.
Fier que son pays ait contribué" au financement de la construction du Parc industriel de Caracol, Kenneth H. Merten annonce d'autres choses. La construction d'une centrale électrique pour satisfaire les besoins du parc et ceux des populations de la région qui bénéficieront, selon l'ambassadeur américain, de la construction de 1 500 unités de logement.
Le diplomate souligne que ce parc, l'un des plus grands de la Caraïbe, est un signal fort envoyé aux investisseurs étrangers. Les investisseurs sauront qu'ils doivent penser à Haïti pour investir et faire des profits, insiste Kenneth H. Merten, content que son pays et d'autres partenaires d'Haïti poussent en faveur de plus d'investissements pour créer des emplois et plus de ressources pour l'Etat haïtien, actuellement encadré par des experts de l'ambassade sur la question de taxation pour « l'aider à récupérer des revenus ».
La BID est très active aux côtés du gouvernement haïtien et conseille afin d'améliorer le cadre des affaires, le commerce, ajoute l'ambassadeur en martelant que « la vraie façon de transformer le pays, dans le bon sens, est de favoriser des investissements, créer du travail, créer des revenus au profit de l'Etat ».
L'agriculture reste en tête de liste des priorités. « On va augmenter nos efforts dans le domaine de l'agriculture, le cacao et d'autres produits qui peuvent générer des revenus pour les agriculteurs », révèle Kenneth H. Merten, passant dans un autre souffle à la politique et aux quatre annonces du président Michel Joseph Martelly sur l'amendement de la Constitution, le montage d'un Conseil électoral permanent, les élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, des collectivités territoriales et la nomination des autres juges pour compléter la Cour de cassation.
« Je crois que ces annonces sont les bienvenues. Nous avons toujours voulu que l'Etat haïtien fonctionne bien, comme le veut la Constitution », confie Kenneth H. Merten. « Je crois que le bilan du président Martelly est jusqu'ici positif », observe l'envoyé du Département d'Etat qui, d'un autre côté, exprime la volonté de l'ambassade de continuer et de renforcer ses relations avec l'exécutif, le Parlement, le secteur des affaires, la société civile.
Le diplomate, entre les voeux de Noël et du nouvel An au peuple haïtien, révèle son attachement au pays, à son soleil. Un soleil qui réchauffera et égaiera les siens ayant fui le froid de Washington pour passer les fêtes en Haïti. Un espoir. Un petit espoir qui prouve qu'il faut préparer l'avenir maintenant...
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100847&PubDate=2011-12-23
Commentaire
Aujourd'hui 24 decembre. Que de souvenirs, que de cauchemars pour une Haiti qui ne fut jamais une parure ecologique ni de modernité, mais qui a connu des jours meilleurs! Sans tomber dans ce nationalisme à cinq sous caractéristique des politiciens haïtiens, on peut regretter que pour aider les Haïtiens à prendre conscience de leur sort, à se secouer, à faire un dernier effort, il faille l'intervention (de toute évidence bien intentionnée) d'un diplomate étranger. Cela indique jusqu'à quel point, même ceux qui observent de loin se sentent préoccupés par tant d'abandons, tant d’irresponsabilité, tant de démagogie facile servie sur des plateaux d'argent aux ingénus locaux. M. Merten parle de réorienter le pays dans le bon sens. Mais il faut être doté soi-même de bon sens pour faire un pays. Les politiciens haïtiens sont orphelins de lucidité et de bon sens. Souhaitons à ce peuple maltraité, humilié et bafoué sans répit, un JOYEUX NOEL 2011 et UNE MEILLEUR ANNÉE 2012! Par dessus tout, un réveil vigoureux, déterminé pour embrasser l'avenir sous de meilleurs auspices!
Haïti: La lumière vous happe en franchissant la porte du bureau de Kenneth H. Merten à l'extrême est de l'imposant building logeant l'ambassade américaine à Tabarre, quelques minutes avant 10 heures, le vendredi 23 décembre 2011. Des toiles, dont une de Tiga, maître du mouvement Saint Soleil, partagent le décor avec la bannière étoilée. "C'est très astre". Et le représentant de Barack Obama, « sobrement flashy », chemise bleue ciel, cravate bleue à rayures, calvitie prononcée, est en symbiose, en alchimie avec l'énergie des lieux.
Il répand, assis dans un fauteuil du petit salon aux couleurs vives, en face de son bureau bondé de courier et de documents, son optimisme en des lendemains meilleurs. « Haïti a la possibilité de se relancer, de renaître », croit le diplomate. Regarder vers l'avenir en préparant le futur aujourd'hui est son credo. Il le partage, le conseille, le souhaite aux politiques, aux hommes d'affaires, aux leaders de la société civile.
Le ton, un zeste solennel, Kenneth H. Merten renouvelle dans un français pas à point l'engagement des Etats-Unis envers Haïti. Sans rentrer dans les détails des enveloppes allouées pour financer différents projets, le diplomate révèle qu'il reste une partie des 3,2 milliards de dollars approuvés par le congrès américain après le séisme du 12 janvier 2010 : 900 000 000 de dollars . « Nous allons continuer à travailler avec nos partenaires sur le terrain pour trouver les moyens de dépenser cette somme », révèle Kenneth H. Merten, dont le pays finance plusieurs projets dans diverses régions d'Haïti.
Fier que son pays ait contribué" au financement de la construction du Parc industriel de Caracol, Kenneth H. Merten annonce d'autres choses. La construction d'une centrale électrique pour satisfaire les besoins du parc et ceux des populations de la région qui bénéficieront, selon l'ambassadeur américain, de la construction de 1 500 unités de logement.
Le diplomate souligne que ce parc, l'un des plus grands de la Caraïbe, est un signal fort envoyé aux investisseurs étrangers. Les investisseurs sauront qu'ils doivent penser à Haïti pour investir et faire des profits, insiste Kenneth H. Merten, content que son pays et d'autres partenaires d'Haïti poussent en faveur de plus d'investissements pour créer des emplois et plus de ressources pour l'Etat haïtien, actuellement encadré par des experts de l'ambassade sur la question de taxation pour « l'aider à récupérer des revenus ».
La BID est très active aux côtés du gouvernement haïtien et conseille afin d'améliorer le cadre des affaires, le commerce, ajoute l'ambassadeur en martelant que « la vraie façon de transformer le pays, dans le bon sens, est de favoriser des investissements, créer du travail, créer des revenus au profit de l'Etat ».
L'agriculture reste en tête de liste des priorités. « On va augmenter nos efforts dans le domaine de l'agriculture, le cacao et d'autres produits qui peuvent générer des revenus pour les agriculteurs », révèle Kenneth H. Merten, passant dans un autre souffle à la politique et aux quatre annonces du président Michel Joseph Martelly sur l'amendement de la Constitution, le montage d'un Conseil électoral permanent, les élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, des collectivités territoriales et la nomination des autres juges pour compléter la Cour de cassation.
« Je crois que ces annonces sont les bienvenues. Nous avons toujours voulu que l'Etat haïtien fonctionne bien, comme le veut la Constitution », confie Kenneth H. Merten. « Je crois que le bilan du président Martelly est jusqu'ici positif », observe l'envoyé du Département d'Etat qui, d'un autre côté, exprime la volonté de l'ambassade de continuer et de renforcer ses relations avec l'exécutif, le Parlement, le secteur des affaires, la société civile.
Le diplomate, entre les voeux de Noël et du nouvel An au peuple haïtien, révèle son attachement au pays, à son soleil. Un soleil qui réchauffera et égaiera les siens ayant fui le froid de Washington pour passer les fêtes en Haïti. Un espoir. Un petit espoir qui prouve qu'il faut préparer l'avenir maintenant...
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100847&PubDate=2011-12-23
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Aujourd'hui 24 decembre. Que de souvenirs, que de cauchemars pour une Haiti qui ne fut jamais une parure ecologique ni de modernité, mais qui a connu des jours meilleurs! Sans tomber dans ce nationalisme à cinq sous caractéristique des politiciens haïtiens, on peut regretter que pour aider les Haïtiens à prendre conscience de leur sort, à se secouer, à faire un dernier effort, il faille l'intervention (de toute évidence bien intentionnée) d'un diplomate étranger. Cela indique jusqu'à quel point, même ceux qui observent de loin se sentent préoccupés par tant d'abandons, tant d’irresponsabilité, tant de démagogie facile servie sur des plateaux d'argent aux ingénus locaux. M. Merten parle de réorienter le pays dans le bon sens. Mais il faut être doté soi-même de bon sens pour faire un pays. Les politiciens haïtiens sont orphelins de lucidité et de bon sens. Souhaitons à ce peuple maltraité, humilié et bafoué sans répit, un JOYEUX NOEL 2011 et UNE MEILLEUR ANNÉE 2012! Par dessus tout, un réveil vigoureux, déterminé pour embrasser l'avenir sous de meilleurs auspices!
vendredi 23 décembre 2011
Le sénateur Annacacis très remonté contre Jean Bertrand Aristide
Le sénateur Jean Hector Annacacis qui se présente comme un « lavalassien fidèle » s’en prend désormais à l’ancien président d’Haïti et coordonateur à vie du parti Fanmi Lavalas, Jean Bertrand Aristide. Intervenant sur les ondes de radio Vision 2000, ce mardi 20 décembre, il reproche à l’ancien prêtre d’avoir brillé par son absence à certains grands rendez-vous du parti Lavalas.
Le sénateur Jean Hector Annacacis qui se présente comme un « lavalassien fidèle » s’en prend désormais à l’ancien président d’Haïti et coordonateur à vie du parti Fanmi Lavalas, Jean Bertrand Aristide. Intervenant sur les ondes de radio Vision 2000, ce mardi 20 décembre, il reproche à l’ancien prêtre d’avoir brillé par son absence à certains grands rendez-vous du parti Lavalas.
« Le 16 décembre dernier, le président Aristide n’était pas présent au moment où son parti commémorait le 21e anniversaire de sa victoire aux élections démocratiques de 1990 », se plaint Annacacis qui rappelle que seule l’épouse de M. Aristide avait pris la parole en la circonstance. Il croit que de tels comportements ne font pas honneur aux militants et traduisent au contraire un « marronnage » inavoué du leader charismatique.
Jean Bertrand Aristide aurait aussi boudé une cérémonie de graduation des médecins haïtiens diplômés à Cuba dont il était le parrain, à en croire le sénateur. Il dit avoir clairement proposé à ces étudiants de choisir de préférence le ministre de la Santé publique et de la Population, mais leur choix s’est arrêté sur le leader à vie de la Fanmi Lavalas, regrette Annacacis Jean Hector.
Dans son humour habituel, le troisième sénateur de l’Ouest estime que l’ancien président pourrait au moins évoquer des excuses liées à sa santé « comme il l’avait fait à son retour d’exil, en avançant des problèmes oculaires ».
Plaçant Jean Bertrand Aristide dans le rang des « dictateurs » au même titre que Jean Claude Duvalier, le sénateur en fin de mandat promet de se passer de la bannière Lavalas, s’il doit se courber devant le leader, pour avoir gain de cause. « Je suis pas comme ces sénateurs à l’échine trop flexible qui sont prêts à toutes sortes bassesses pour obtenir la bénédiction du prêtre. Si je dois être un flagorneur pour avoir la bannière, je préfère ne pas être réélu », lance le sénateur Annacacis, visiblement en colère.
Eddy Laguerre
http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=28024
Commentaire
Ce geste de M. Anacasis, est-ce une petite mise en scène pour la galerie ou la découverte tardive d'un politicien qui réalise que la présidence à vie n'est plus à la mode? Car une jonglerie espiègle entre les deux n'est pas possible. Elle nous ramènerait au premier scénario.
Le sénateur Jean Hector Annacacis qui se présente comme un « lavalassien fidèle » s’en prend désormais à l’ancien président d’Haïti et coordonateur à vie du parti Fanmi Lavalas, Jean Bertrand Aristide. Intervenant sur les ondes de radio Vision 2000, ce mardi 20 décembre, il reproche à l’ancien prêtre d’avoir brillé par son absence à certains grands rendez-vous du parti Lavalas.
« Le 16 décembre dernier, le président Aristide n’était pas présent au moment où son parti commémorait le 21e anniversaire de sa victoire aux élections démocratiques de 1990 », se plaint Annacacis qui rappelle que seule l’épouse de M. Aristide avait pris la parole en la circonstance. Il croit que de tels comportements ne font pas honneur aux militants et traduisent au contraire un « marronnage » inavoué du leader charismatique.
Jean Bertrand Aristide aurait aussi boudé une cérémonie de graduation des médecins haïtiens diplômés à Cuba dont il était le parrain, à en croire le sénateur. Il dit avoir clairement proposé à ces étudiants de choisir de préférence le ministre de la Santé publique et de la Population, mais leur choix s’est arrêté sur le leader à vie de la Fanmi Lavalas, regrette Annacacis Jean Hector.
Dans son humour habituel, le troisième sénateur de l’Ouest estime que l’ancien président pourrait au moins évoquer des excuses liées à sa santé « comme il l’avait fait à son retour d’exil, en avançant des problèmes oculaires ».
Plaçant Jean Bertrand Aristide dans le rang des « dictateurs » au même titre que Jean Claude Duvalier, le sénateur en fin de mandat promet de se passer de la bannière Lavalas, s’il doit se courber devant le leader, pour avoir gain de cause. « Je suis pas comme ces sénateurs à l’échine trop flexible qui sont prêts à toutes sortes bassesses pour obtenir la bénédiction du prêtre. Si je dois être un flagorneur pour avoir la bannière, je préfère ne pas être réélu », lance le sénateur Annacacis, visiblement en colère.
Eddy Laguerre
http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=28024
Commentaire
Ce geste de M. Anacasis, est-ce une petite mise en scène pour la galerie ou la découverte tardive d'un politicien qui réalise que la présidence à vie n'est plus à la mode? Car une jonglerie espiègle entre les deux n'est pas possible. Elle nous ramènerait au premier scénario.
jeudi 22 décembre 2011
Garry Conille plaide pour le transfert de l'aide au gouvernement haïtien
Le Premier Ministre, Dr Garry Conille, qui participait aux Journées Européennes du Développement (JED) les 15 et 16 décembre derniers à Varsovie, en Pologne, a souhaité que " les bailleurs ne ménagent pas leurs efforts pour transférer leurs responsabilités de gestion de l'aide aux autorités haïtiennes, en particulier aux institutions du secteur public et que des indicateurs spécifiques du succès de ces transferts soient développés à cet effet ", ajoutant: "... il nous apparait opportun et crucial, pour conserver le momentum des changements entrepris vers une réelle refondation du pays, de proposer une réorientation qualitative de la façon dont l'aide extérieure est fournie. Bien entendu cette autorité réaffirmée ne peut se contenter de déclarations d'intention sans moyens et de la répétition de concepts abstraits. Elle doit se traduire par des actions concrètes et suivies et accompagnées de compétences appropriées pour s'ériger en véritable leadership, afin qu'un véritable partenariat, entre le gouvernement et les bailleurs, puisse s'instaurer.
L'aide à Haïti à triplé entre 2009 et 2010. L'aide des bailleurs bilatéraux et multilatéraux demeure une source beaucoup plus importante que les recettes internes du gouvernement haïtien, approximativement 130% en 2009 et à cause du séisme, ce pourcentage est estimé à environ 400% depuis 2010.
Environ 99% de l'aide d'urgence post-sèisme a été décaissée vers des agences humanitaires non étatiques, y compris des ONG et des contractants privés. 57% de l'aide à la reconstruction a été acheminée directement vers des acteurs non étatiques alors que seulement 12% a été canalisée directement au gouvernement en utilisant des systèmes nationaux... ". (Haiti-Libre)
http://www.haitienmarche.com/nouvellesenbref.php?id=1324360234
Commentaire
Les mêmes problèmes, les mêmes accusations et les mêmes plaintes. Quand est-ce que les politiciens haïtiens assumeront la responsabilité de leurs actions? Ne sont-ils pas les vrais responsables que personne ni aucun organisme international ne leur fait confiance? N'y a-t-il pas un effort de reforme personnelle, d'auto-réhabilitation morale et de consécration réelle (plutôt que d'exhibitions pour la galerie) susceptibles de convaincre les sceptiques qu'ils peuvent changer? C'est le moment où jamais, profitez-en et on verra si, à défaut de confiance, vous êtes vraiment dignes d'un minimum de crédit. Agissez, messieurs, faites quelque chose! Il en va de votre capital politique, mais aussi et surtout moral.
L'aide à Haïti à triplé entre 2009 et 2010. L'aide des bailleurs bilatéraux et multilatéraux demeure une source beaucoup plus importante que les recettes internes du gouvernement haïtien, approximativement 130% en 2009 et à cause du séisme, ce pourcentage est estimé à environ 400% depuis 2010.
Environ 99% de l'aide d'urgence post-sèisme a été décaissée vers des agences humanitaires non étatiques, y compris des ONG et des contractants privés. 57% de l'aide à la reconstruction a été acheminée directement vers des acteurs non étatiques alors que seulement 12% a été canalisée directement au gouvernement en utilisant des systèmes nationaux... ". (Haiti-Libre)
http://www.haitienmarche.com/nouvellesenbref.php?id=1324360234
Commentaire
Les mêmes problèmes, les mêmes accusations et les mêmes plaintes. Quand est-ce que les politiciens haïtiens assumeront la responsabilité de leurs actions? Ne sont-ils pas les vrais responsables que personne ni aucun organisme international ne leur fait confiance? N'y a-t-il pas un effort de reforme personnelle, d'auto-réhabilitation morale et de consécration réelle (plutôt que d'exhibitions pour la galerie) susceptibles de convaincre les sceptiques qu'ils peuvent changer? C'est le moment où jamais, profitez-en et on verra si, à défaut de confiance, vous êtes vraiment dignes d'un minimum de crédit. Agissez, messieurs, faites quelque chose! Il en va de votre capital politique, mais aussi et surtout moral.
mercredi 21 décembre 2011
Haïti-Japon-Coopération : Don de 4.7 millions de dollars US en faveur du secteur agricole
mercredi 21 décembre 2011
P-au-P, 21 déc. 2011 [AlterPresse] --- L’ambassadeur du Japon en Haïti, Kentaro Minami, et le ministre haïtien des Affaires étrangères et des Cultes, Laurent Lamothe, ont procédé, le mardi 20 décembre, à la signature de deux accords – l’un par échange de notes, l’autre sur un don en espèces – à Port-au-Prince.
Le don est évalué à 370 millions de yen japonais (4.7 millions de dollars américains), et vise à aider le secteur agricole, affecté par le séisme du 12 janvier 2010, informent les signataires.
« Ce fonds fourni à Haïti par le gouvernement japonais permettra aux autorités haïtiennes d’acheter des engrais et intrants agricoles pour soutenir les agriculteurs défavorisés qui évoluent dans les milieux ruraux », indique Kentaro Minami.
Le secrétaire d’État à la production végétal, Fresner Dorcin, qui assistait à la signature des accords à la Chancellerie, promet que ces derniers contribueront « à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs haïtiens qui ont été victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010. »
« Les dix départements géographiques du pays seront touchés par cet accord. Certainement, il y aura des zones prioritaires dépendamment de leur capacité de production », assure Fresner Dorcin.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe, et le directeur représentant de l’agence japonaise de coopération internationale, Ozawa Shoji, disent espérer que ces accords puissent permettre, non seulement l’amélioration de la qualité de produits des agriculteurs mais aussi d’accroitre le rendement de leurs plantations, et la sécurité alimentaire.
Les agriculteurs pourront se procurer les intrants et engrais agricoles à prix réduits, selon les autorités. Ces produits seront confiés au Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr).
Les planteurs font face généralement à de nombreux défis, notamment l’accès aux intrants chimiques, qui conduit parfois à des frictions.
Des organisations paysannes dénoncent périodiquement un trafic de l’engrais destiné aux petits agriculteurs.
L’agriculture reste la base de la vie économique haïtienne. Plus de la moitié de la population dépend de ce secteur pourtant en baisse depuis les 5 dernières décennies. [sfd apr 21/12/2011 08 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12107
Commentaire
Tandis que les différents secteurs politiques, sociaux, économiques s'accoquinent pour continuer d'affermir leur base sur le dos du peuple, d'ailleurs, de l'extérieur d'Haiti, des pays amis veulent manifester leur générosité envers ce reste de pays. Encore plus déconcertant, les objectifs visés par les fonds alloués à différents secteurs ne sont pas toujours atteints, les dépenses n'étant jamais claires, gérées avec transparence. Est-ce que les bailleurs de fonds, les institutions de bienfaisance, les organismes internationaux en général ne devraient pas disposer d'un mécanisme leur permettant de superviser la destination, la distribution, les priorités et les raisons qui justifient ces priorités dans la gestion des fonds? Si le gouvernement haïtien est si transparent, pourquoi ne fait-il pas participer la presse, l'opinion publique en général, les secteurs concernés eux-mêmes, à ses réalisations? Pourquoi ne fournit-elle pas des plans d'action chiffrés, clairement identifiés à ces institutions et organismes contributeurs? Ce serait pour le gouvernement même, le mécanisme le plus efficace d'auto-publicité saine et stimulante pour la confiance du public, du secteur privé et ipso facto pour l'économie. Et pendant que nous y sommes, quand est-ce que les ministres, directeurs généraux, députés et sénateurs présenteront-ils la déclaration de leur patrimoine pour dire à la population que leur intention n'est pas de continuer à la dépouiller comme la majorité de leurs prédécesseurs? Est-ce si difficile de cesser de convoiter les biens de ceux qui sont pourtant privés de tout?
P-au-P, 21 déc. 2011 [AlterPresse] --- L’ambassadeur du Japon en Haïti, Kentaro Minami, et le ministre haïtien des Affaires étrangères et des Cultes, Laurent Lamothe, ont procédé, le mardi 20 décembre, à la signature de deux accords – l’un par échange de notes, l’autre sur un don en espèces – à Port-au-Prince.
Le don est évalué à 370 millions de yen japonais (4.7 millions de dollars américains), et vise à aider le secteur agricole, affecté par le séisme du 12 janvier 2010, informent les signataires.
« Ce fonds fourni à Haïti par le gouvernement japonais permettra aux autorités haïtiennes d’acheter des engrais et intrants agricoles pour soutenir les agriculteurs défavorisés qui évoluent dans les milieux ruraux », indique Kentaro Minami.
Le secrétaire d’État à la production végétal, Fresner Dorcin, qui assistait à la signature des accords à la Chancellerie, promet que ces derniers contribueront « à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs haïtiens qui ont été victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010. »
« Les dix départements géographiques du pays seront touchés par cet accord. Certainement, il y aura des zones prioritaires dépendamment de leur capacité de production », assure Fresner Dorcin.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe, et le directeur représentant de l’agence japonaise de coopération internationale, Ozawa Shoji, disent espérer que ces accords puissent permettre, non seulement l’amélioration de la qualité de produits des agriculteurs mais aussi d’accroitre le rendement de leurs plantations, et la sécurité alimentaire.
Les agriculteurs pourront se procurer les intrants et engrais agricoles à prix réduits, selon les autorités. Ces produits seront confiés au Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr).
Les planteurs font face généralement à de nombreux défis, notamment l’accès aux intrants chimiques, qui conduit parfois à des frictions.
Des organisations paysannes dénoncent périodiquement un trafic de l’engrais destiné aux petits agriculteurs.
L’agriculture reste la base de la vie économique haïtienne. Plus de la moitié de la population dépend de ce secteur pourtant en baisse depuis les 5 dernières décennies. [sfd apr 21/12/2011 08 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12107
Commentaire
Tandis que les différents secteurs politiques, sociaux, économiques s'accoquinent pour continuer d'affermir leur base sur le dos du peuple, d'ailleurs, de l'extérieur d'Haiti, des pays amis veulent manifester leur générosité envers ce reste de pays. Encore plus déconcertant, les objectifs visés par les fonds alloués à différents secteurs ne sont pas toujours atteints, les dépenses n'étant jamais claires, gérées avec transparence. Est-ce que les bailleurs de fonds, les institutions de bienfaisance, les organismes internationaux en général ne devraient pas disposer d'un mécanisme leur permettant de superviser la destination, la distribution, les priorités et les raisons qui justifient ces priorités dans la gestion des fonds? Si le gouvernement haïtien est si transparent, pourquoi ne fait-il pas participer la presse, l'opinion publique en général, les secteurs concernés eux-mêmes, à ses réalisations? Pourquoi ne fournit-elle pas des plans d'action chiffrés, clairement identifiés à ces institutions et organismes contributeurs? Ce serait pour le gouvernement même, le mécanisme le plus efficace d'auto-publicité saine et stimulante pour la confiance du public, du secteur privé et ipso facto pour l'économie. Et pendant que nous y sommes, quand est-ce que les ministres, directeurs généraux, députés et sénateurs présenteront-ils la déclaration de leur patrimoine pour dire à la population que leur intention n'est pas de continuer à la dépouiller comme la majorité de leurs prédécesseurs? Est-ce si difficile de cesser de convoiter les biens de ceux qui sont pourtant privés de tout?
mardi 20 décembre 2011
De Frankétienne à Charles Féquière
Haïti: Il n'est question ni d'écriture ni de poésie pour l'un, ni de commerçant ni de vendeur de produits agro-industriels pour l'autre. Frankétienne-Charles Féquière, en prenant Delmas 31, c'est le tronçon mal-aimé de la mairie de Delmas et du ministère des TPTC. Ici, le poète national reçoit ses invités souvent sous la menace d'un déferlement de poussière généré quotidiennement par le passage en trombe des poids lourds qui dévalent la pente menant à sa résidence. Là (chez Charles Féquière et co., rue Dumez, Maïs Gaté), pour y arriver, les clients empruntent une voie cahoteuse, à proximité d'un garage de fortune pour poids lourds, installé sur la voie publique. Véritable défi à l'urbanisme.
Tout près, une décharge de détritus. Souvent des porcs s'y approvisionnent dans cet environnement de saleté, à deux minutes de l'aéroport Toussaint Louverture.
En s'y rendant comme en revenant, les ONG, les 4X4 officiels, CC (corps consulaires), les CD (corps diplomatiques), les SE (services de l'Etat) utilisent à leur gré régulièrement ce raccourci de Delmas 31. Pour le contribuable qui risque sa voiture sur ce tronçon infernal desservant aussi des hôtels avoisinants (Visa Lodge, Habitation Hatt), se rendre quotidiennement sur son lieu de travail, c'est le parcours du combattant. Les autorités locales s'en moquent depuis des lustres. A titre d'exemple, la mairie de Delmas ne semble pas concernée par l'environnement de notre barde national. Car elle tient une succursale à quelques mètres de la maison du poète, située elle-même non loin d'une ravine où les résidents déversent leurs ordures.
Livrés à eux mêmes, car leurs revendications rentrent par une oreille des autorités et ressortent par l'autre, les riverains de Delmas 31 se lancent à leurs propres frais dans le nettoyage des artères. Quant à la route principale fréquentée quotidiennement par une multitude de camionnettes de transport public, elle rayonne par la multiplication de nids-de-poule, de crevasses et de lacs de poussière. Les résidents ne savent où donner de la tête et de la voix. Les TPTC dominent l'art de les narguer en venant, une fois l'an, faire semblant d'amorcer quelques petits travaux d'aplanissement, de comblement de petits fossés, sur moins de deux-cents mètres. Au carrefour "Dieu est amour", angle Delmas 31 et rue Lassègue, sorte de lieu de culte et de jeûne pour des éternels chômeurs des deux sexes, l'enfer est tout proche. Avec des nuages de poussière prêts à les étouffer, ces fidèles risquent d'y laisser leurs narines et leurs poumons. En effet, ils s'époumonent jour et nuit, au mépris du respect du repos d'autrui, à louer à haute voix le Christ. De quoi se demander si ce dernier a l'oreille dure.
Aux prières des fidèles se mêlent les vombrissements des camions-citernes, et des trailers containers roulant à vive allure, rivalisant sans fin avec les voix des sans-voix du "temple" , car ce tronçon de Delmas 31 n'est pas une voie au sens étymologique du terme. Est-ce un chemin, une route, une rue? Pour aller d'un point à un autre, c'est pourtant sur cet espace que se déplacent pauvres et riches.
Raphael Féquière
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100572&PubDate=2011-12-19
Commentaire
HAITI N'EXISTE PLUS! HAITI N'EXISTE PLUS!
Seul un malade mental peut encore prendre Haiti pour un pays et ses dirigeants pour des politiciens. Dans cet environnement, tout est figé. L'histoire, la vie, l'espoir sont des formules creuses, des mots vomis sans réflexion sur la misère du peuple. Des mots qui ne reproduisent rien de ce qui se passe sur le terrain, des mots qui vous font mal au coeur et vous donnent la nausée. Car quand on dit "pays",vous voyez chaos, quand on dit "êtres humains", vous voyez des lambeaux de chair ambulants, des cadavres flottants, des affamés dont le visage ravagés par la misère, reflètent toute la souffrance du monde. La vie en Haiti n'est pas une malédiction pour ceux qui la subissent, c'est une accusation contre ceux qui l'infligent sans considération aucune, sans gêne à ceux même qui les nourrissent, au nom de qui ils s'enrichissent. Ces ouvriers sans ouvrage, ces étudiants sans écoles et sans professeurs, ces routes, ces avenues, ces boulevards sans espaces, ces rivières, ces ruisseaux, ces fleuves qui n'abondent que dans les livres de géographie. Ces dictateurs qui, dans un pacte secret, s'instrumentalisent mutuellement pour invalider toute recherche de la vérité, troubler toute intention de justice. Car les butins partagés entre deux ou trois ou quatre sont plus rentables quand de puissants intérêts mutuels à défendre imposent le pacte non écrit du silence.
HAITI N'EXISTE PLUS!HAITI N'EXISTE PLUS!
Tout près, une décharge de détritus. Souvent des porcs s'y approvisionnent dans cet environnement de saleté, à deux minutes de l'aéroport Toussaint Louverture.
En s'y rendant comme en revenant, les ONG, les 4X4 officiels, CC (corps consulaires), les CD (corps diplomatiques), les SE (services de l'Etat) utilisent à leur gré régulièrement ce raccourci de Delmas 31. Pour le contribuable qui risque sa voiture sur ce tronçon infernal desservant aussi des hôtels avoisinants (Visa Lodge, Habitation Hatt), se rendre quotidiennement sur son lieu de travail, c'est le parcours du combattant. Les autorités locales s'en moquent depuis des lustres. A titre d'exemple, la mairie de Delmas ne semble pas concernée par l'environnement de notre barde national. Car elle tient une succursale à quelques mètres de la maison du poète, située elle-même non loin d'une ravine où les résidents déversent leurs ordures.
Livrés à eux mêmes, car leurs revendications rentrent par une oreille des autorités et ressortent par l'autre, les riverains de Delmas 31 se lancent à leurs propres frais dans le nettoyage des artères. Quant à la route principale fréquentée quotidiennement par une multitude de camionnettes de transport public, elle rayonne par la multiplication de nids-de-poule, de crevasses et de lacs de poussière. Les résidents ne savent où donner de la tête et de la voix. Les TPTC dominent l'art de les narguer en venant, une fois l'an, faire semblant d'amorcer quelques petits travaux d'aplanissement, de comblement de petits fossés, sur moins de deux-cents mètres. Au carrefour "Dieu est amour", angle Delmas 31 et rue Lassègue, sorte de lieu de culte et de jeûne pour des éternels chômeurs des deux sexes, l'enfer est tout proche. Avec des nuages de poussière prêts à les étouffer, ces fidèles risquent d'y laisser leurs narines et leurs poumons. En effet, ils s'époumonent jour et nuit, au mépris du respect du repos d'autrui, à louer à haute voix le Christ. De quoi se demander si ce dernier a l'oreille dure.
Aux prières des fidèles se mêlent les vombrissements des camions-citernes, et des trailers containers roulant à vive allure, rivalisant sans fin avec les voix des sans-voix du "temple" , car ce tronçon de Delmas 31 n'est pas une voie au sens étymologique du terme. Est-ce un chemin, une route, une rue? Pour aller d'un point à un autre, c'est pourtant sur cet espace que se déplacent pauvres et riches.
Raphael Féquière
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100572&PubDate=2011-12-19
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HAITI N'EXISTE PLUS! HAITI N'EXISTE PLUS!
Seul un malade mental peut encore prendre Haiti pour un pays et ses dirigeants pour des politiciens. Dans cet environnement, tout est figé. L'histoire, la vie, l'espoir sont des formules creuses, des mots vomis sans réflexion sur la misère du peuple. Des mots qui ne reproduisent rien de ce qui se passe sur le terrain, des mots qui vous font mal au coeur et vous donnent la nausée. Car quand on dit "pays",vous voyez chaos, quand on dit "êtres humains", vous voyez des lambeaux de chair ambulants, des cadavres flottants, des affamés dont le visage ravagés par la misère, reflètent toute la souffrance du monde. La vie en Haiti n'est pas une malédiction pour ceux qui la subissent, c'est une accusation contre ceux qui l'infligent sans considération aucune, sans gêne à ceux même qui les nourrissent, au nom de qui ils s'enrichissent. Ces ouvriers sans ouvrage, ces étudiants sans écoles et sans professeurs, ces routes, ces avenues, ces boulevards sans espaces, ces rivières, ces ruisseaux, ces fleuves qui n'abondent que dans les livres de géographie. Ces dictateurs qui, dans un pacte secret, s'instrumentalisent mutuellement pour invalider toute recherche de la vérité, troubler toute intention de justice. Car les butins partagés entre deux ou trois ou quatre sont plus rentables quand de puissants intérêts mutuels à défendre imposent le pacte non écrit du silence.
HAITI N'EXISTE PLUS!HAITI N'EXISTE PLUS!
lundi 19 décembre 2011
Carl Braun rêve de révolution
Haïti: Carl Braun rêve de révolution. Celle de la croissance économique. Durable. Soutenable. « Il faut avoir 8,9, 10 % de croissance par an pour parvenir à donner du travail aux jeunes », confie Carl Braun, P.D.G de la Unibank, première banque du pays en capital, actifs, dépôts totaux, crédit, rentabilité et nombre de clients»... « Cette croissance économique ne se fera pas avec une baguette magique », prévient ce pionnier du secteur bancaire privé, précis comme un chirurgien en ciblant les défis à relever, les obstacles à surmonter, lors d'une longue interview accordé à Magik 9 ce vendredi.
« Il faut changer les lois qui méritent de l'être, changer notre réflexion sur l'action du secteur privé, permettre l'accumulation des investissements », détaille Carl Braun, très intéressé au vote de la proposition de loi du sénateur Youri Latortue sur la formalisation des actifs informels. Cette proposition de loi sera, soutient le banquier, une grande contribution à une révolution de la croissance, car ce ne sont pas les grandes fortunes mais les pauvres des zones urbaines qui en profiteront en disposant par exemple d'un titre de propriété susceptible d'être utilisé comme collatéral en vue d'obtenir un prêt.
Emballé par le boom économique que cette proposition de loi pourrait provoquer, Carl Braun ne fonce pas dans le tas n'importe comment, sans ceinture de sécurité, sans pré-requis. Il préconise une collaboration étroite entre l'exécutif, le Parlement et le secteur privé pour définir le modus operandi, l'aspect pratique de l'application de cette législation en vue d'obtenir les résultats escomptés.
Carl Braun, persuasif, insiste aussi sur l'importance du dialogue. Avec l'Etat, avec l'international. Gonflé de récriminations à cause de l'absence d'implication du secteur privé dans la préparation de la conférence sur les investissements les 29 et 30 novembre dernier à Port-au-Prince, Braun croit qu'il faut faire autrement. Il faut un dialogue clair entre les entrepreneurs nationaux et ceux venant de l'étranger pour créer une synergie bonne pour l'économie. « Je suis d'accord pour les investissements directs étrangers, mais ils ne peuvent pas être faits au détriment des investisseurs nationaux », confie Carl Braun, aussi tranchant qu'un couperet.
Dans un plaidoyer en faveur du secteur privé haïtien qui n'a jamais baissé pavillon, ni plié bagage et mis la clé sous la porte en temps de crise, Braun, avec fierté, cite l'exemple de l'entreprise Les Moulins d'Haïti (LMH), un complexe industriel qui vaut au moins 100 millions de dollars. « C'est l'un des plus gros investissements industriels en Haïti. C'est aussi l'un des plus gros investissements faits par des Haitiano-Américains », soutient Carl Braun,qui encourage l'Etat haïtien à étudier des modèles de partenariat avec le privé pour d'autres entreprises publiques certaines en faillite. L'Etat possède 30 % des actions de LMH et a perçu en treize ans plus de 6 milliards de gourdes de taxes et de dividendes, ajoute, très concerné par les fièvres ou les mauvais rhumes de l'économie, comme la question de la «rareté de dollars » ces dernières semaines. « J'ai entendu des gens parler de complot pour ne pas donner de cash. Sincèrement, c'est du pipeau », selon Carl Braun qui qualifie de « malheureux » que des gens pas informés induisent d'autres en erreur en montant en épingle une théorie de conspiration contre les déposants, 2,2 millions en tout dans le système bancaire dont 60 à 65 % sont en dollars us.
« Il n'y a pas de crise de liquidités. Il y avait une rareté de billets cash parce qu'Haïti importe le billet dollar. Et quand la demande augmente, il faut importer », explique et rassure le PDG de la UNIBANK, 900 000 comptes. Cette augmentation de la demande est due à une reprise du taux de croissance l'économie 9 à 10 mois après le séisme du 12 janvier 2010, à la hausse des transferts, à un afflux important d'argent pour les ONG qui font leur payroll en dollars us, explique Braun, élogieux à l'égard de la BRH qui a « réagi correctement » face à la situation en important des billets cash américains et en permettant aux banques commerciales de le faire afin de satisfaire les demandes de leurs clients.
Comme le gouverneur de la BRH, Charles Castel, Carl Braun croit que des efforts devront être faits pour passer du « cash society » à l'utilisation d'autres services Electroniques entre autres. Le banquier qui reconnaît les faiblesses en termes de disponibilité de cartes de crédit et/ou de débit dans tout le pays, revient sur les mesures en cours prises par la BRH et les banques commerciales pour rémêdier à la situation.
Entre-temps, conseille Braun, il n'y a aucune raison pour un client de risquer sa vie en se déplaçant avec de l'argent alors qu'il peut faire un chèque de direction pour effectuer ses transactions
L'homme d'affaires épris de révolution de la croissance économique,dont les propositions d'amendement de certains codes, législations touchant à la finance, aux affaires, ronge ses freins d'impatience. « J'aimerais plus de rapidité dans le suivi de ces propositions. Celles sur les coûts exorbitants de transactions pour enregistrer une hypothèque, sur l'impôt foncier, l'impôt sur les propriétés bâties », cite Carl Braun. « Je ne suis pas satisfait mais je reste optimiste », nuance-t-il, confiant que l'actuel chef du gouvernement, Garry Conille, et son équipe feront le nécessaire. La loi sur la copropriété est très importante, enchaîne Carl Braun qui réitère un appel lancé en juin dernier en faveur l'organisation d'un atelier réunissant les notaires, les commissaires du gouvernement et tous les acteurs concernés en vue de continuer l'identification des problèmes et d'analyser les solutions proposées.
Conscient de l'importance du Parlement dans la création du cadre juridique favorable aux affaires, Braun souligne que le secteur privé comprend la nécessité de renforcer ses relations avec les sénateurs et les députés.
Sans avoir le mythique cigare ou la barbe d'un Fidel Castro, d'un Ernesto Che Guevara, Carl Braun rêve de révolution. « Economique », précise, sourire en coin, un proche de ce géant, monteur de plusieurs banques et d'autres instruments financiers au cours des 20 dernières années...
L'intégralité de l'intervention de Carl Braun sur Magik 9 sera reprise samedi à midi 30, dimanche à 8h a.m. sur le 100.9 MHz et sur magik9haiti.com.
Roberson Alphonse
robersonalphonse@gmail.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100553&PubDate=2011-12-16
Commentaire
N'avons-nous pas raison de croire qu'il existe encore des professionnels, des politiciens, des gens honnêtes qui peuvent se démarquer de la grande masse d'irresponsables qui pullulent dans l'administration publique aussi bien que dans le secteur privé en Haiti? Carl Braun fait partie de cette élite morale et professionnelle, une espèce de sel qui préserve la société et lui permet de survivre face aux nombreuses prédations qui s'y opèrent incessamment. Le président Michel Martelly ainsi que le premier ministre Gary Conille, viennent de faire la déclaration de leur patrimoine. C'est un fait à souligner comparable à la situation antérieure. Un geste qui les honore, non qu'ils aient accompli une merveille du monde, car la loi le prévoit ainsi, mais ils semblent vouloir donner le bon exemple. Reconnaissons-leur le mérite d'avoir accepté de faire ce que leurs prédécesseurs ont résisté à faire depuis 1986. Cela au moins aurait épargné bien des millions à l'État qui en a un si grand besoin. Mais les députés, les sénateurs, les directeurs généraux, etc. qui font encore la sourde oreille, ne sont-ils pas en train de nous indiquer clairement quelles sont leurs convoitises? Ce qui est intéressant dans ce processus, c'est que Martelly qui a déjà commis pas mal d'imprudences, pourrait, s'il est bien conseillé, tirer un profit colossal en termes de capital moral et refaire son image aux yeux de la population assoiffée d'exemples. Plus d'un dans des circonstances semblables ont été surpris de voir jusqu'où le risque d'oser faire ce que l'on doit peut porter des fruits. Donnez-nous donc de nouvelles raisons de croire, messieurs les députés, les sénateurs, les directeurs généraux!
« Il faut changer les lois qui méritent de l'être, changer notre réflexion sur l'action du secteur privé, permettre l'accumulation des investissements », détaille Carl Braun, très intéressé au vote de la proposition de loi du sénateur Youri Latortue sur la formalisation des actifs informels. Cette proposition de loi sera, soutient le banquier, une grande contribution à une révolution de la croissance, car ce ne sont pas les grandes fortunes mais les pauvres des zones urbaines qui en profiteront en disposant par exemple d'un titre de propriété susceptible d'être utilisé comme collatéral en vue d'obtenir un prêt.
Emballé par le boom économique que cette proposition de loi pourrait provoquer, Carl Braun ne fonce pas dans le tas n'importe comment, sans ceinture de sécurité, sans pré-requis. Il préconise une collaboration étroite entre l'exécutif, le Parlement et le secteur privé pour définir le modus operandi, l'aspect pratique de l'application de cette législation en vue d'obtenir les résultats escomptés.
Carl Braun, persuasif, insiste aussi sur l'importance du dialogue. Avec l'Etat, avec l'international. Gonflé de récriminations à cause de l'absence d'implication du secteur privé dans la préparation de la conférence sur les investissements les 29 et 30 novembre dernier à Port-au-Prince, Braun croit qu'il faut faire autrement. Il faut un dialogue clair entre les entrepreneurs nationaux et ceux venant de l'étranger pour créer une synergie bonne pour l'économie. « Je suis d'accord pour les investissements directs étrangers, mais ils ne peuvent pas être faits au détriment des investisseurs nationaux », confie Carl Braun, aussi tranchant qu'un couperet.
Dans un plaidoyer en faveur du secteur privé haïtien qui n'a jamais baissé pavillon, ni plié bagage et mis la clé sous la porte en temps de crise, Braun, avec fierté, cite l'exemple de l'entreprise Les Moulins d'Haïti (LMH), un complexe industriel qui vaut au moins 100 millions de dollars. « C'est l'un des plus gros investissements industriels en Haïti. C'est aussi l'un des plus gros investissements faits par des Haitiano-Américains », soutient Carl Braun,qui encourage l'Etat haïtien à étudier des modèles de partenariat avec le privé pour d'autres entreprises publiques certaines en faillite. L'Etat possède 30 % des actions de LMH et a perçu en treize ans plus de 6 milliards de gourdes de taxes et de dividendes, ajoute, très concerné par les fièvres ou les mauvais rhumes de l'économie, comme la question de la «rareté de dollars » ces dernières semaines. « J'ai entendu des gens parler de complot pour ne pas donner de cash. Sincèrement, c'est du pipeau », selon Carl Braun qui qualifie de « malheureux » que des gens pas informés induisent d'autres en erreur en montant en épingle une théorie de conspiration contre les déposants, 2,2 millions en tout dans le système bancaire dont 60 à 65 % sont en dollars us.
« Il n'y a pas de crise de liquidités. Il y avait une rareté de billets cash parce qu'Haïti importe le billet dollar. Et quand la demande augmente, il faut importer », explique et rassure le PDG de la UNIBANK, 900 000 comptes. Cette augmentation de la demande est due à une reprise du taux de croissance l'économie 9 à 10 mois après le séisme du 12 janvier 2010, à la hausse des transferts, à un afflux important d'argent pour les ONG qui font leur payroll en dollars us, explique Braun, élogieux à l'égard de la BRH qui a « réagi correctement » face à la situation en important des billets cash américains et en permettant aux banques commerciales de le faire afin de satisfaire les demandes de leurs clients.
Comme le gouverneur de la BRH, Charles Castel, Carl Braun croit que des efforts devront être faits pour passer du « cash society » à l'utilisation d'autres services Electroniques entre autres. Le banquier qui reconnaît les faiblesses en termes de disponibilité de cartes de crédit et/ou de débit dans tout le pays, revient sur les mesures en cours prises par la BRH et les banques commerciales pour rémêdier à la situation.
Entre-temps, conseille Braun, il n'y a aucune raison pour un client de risquer sa vie en se déplaçant avec de l'argent alors qu'il peut faire un chèque de direction pour effectuer ses transactions
L'homme d'affaires épris de révolution de la croissance économique,dont les propositions d'amendement de certains codes, législations touchant à la finance, aux affaires, ronge ses freins d'impatience. « J'aimerais plus de rapidité dans le suivi de ces propositions. Celles sur les coûts exorbitants de transactions pour enregistrer une hypothèque, sur l'impôt foncier, l'impôt sur les propriétés bâties », cite Carl Braun. « Je ne suis pas satisfait mais je reste optimiste », nuance-t-il, confiant que l'actuel chef du gouvernement, Garry Conille, et son équipe feront le nécessaire. La loi sur la copropriété est très importante, enchaîne Carl Braun qui réitère un appel lancé en juin dernier en faveur l'organisation d'un atelier réunissant les notaires, les commissaires du gouvernement et tous les acteurs concernés en vue de continuer l'identification des problèmes et d'analyser les solutions proposées.
Conscient de l'importance du Parlement dans la création du cadre juridique favorable aux affaires, Braun souligne que le secteur privé comprend la nécessité de renforcer ses relations avec les sénateurs et les députés.
Sans avoir le mythique cigare ou la barbe d'un Fidel Castro, d'un Ernesto Che Guevara, Carl Braun rêve de révolution. « Economique », précise, sourire en coin, un proche de ce géant, monteur de plusieurs banques et d'autres instruments financiers au cours des 20 dernières années...
L'intégralité de l'intervention de Carl Braun sur Magik 9 sera reprise samedi à midi 30, dimanche à 8h a.m. sur le 100.9 MHz et sur magik9haiti.com.
Roberson Alphonse
robersonalphonse@gmail.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100553&PubDate=2011-12-16
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N'avons-nous pas raison de croire qu'il existe encore des professionnels, des politiciens, des gens honnêtes qui peuvent se démarquer de la grande masse d'irresponsables qui pullulent dans l'administration publique aussi bien que dans le secteur privé en Haiti? Carl Braun fait partie de cette élite morale et professionnelle, une espèce de sel qui préserve la société et lui permet de survivre face aux nombreuses prédations qui s'y opèrent incessamment. Le président Michel Martelly ainsi que le premier ministre Gary Conille, viennent de faire la déclaration de leur patrimoine. C'est un fait à souligner comparable à la situation antérieure. Un geste qui les honore, non qu'ils aient accompli une merveille du monde, car la loi le prévoit ainsi, mais ils semblent vouloir donner le bon exemple. Reconnaissons-leur le mérite d'avoir accepté de faire ce que leurs prédécesseurs ont résisté à faire depuis 1986. Cela au moins aurait épargné bien des millions à l'État qui en a un si grand besoin. Mais les députés, les sénateurs, les directeurs généraux, etc. qui font encore la sourde oreille, ne sont-ils pas en train de nous indiquer clairement quelles sont leurs convoitises? Ce qui est intéressant dans ce processus, c'est que Martelly qui a déjà commis pas mal d'imprudences, pourrait, s'il est bien conseillé, tirer un profit colossal en termes de capital moral et refaire son image aux yeux de la population assoiffée d'exemples. Plus d'un dans des circonstances semblables ont été surpris de voir jusqu'où le risque d'oser faire ce que l'on doit peut porter des fruits. Donnez-nous donc de nouvelles raisons de croire, messieurs les députés, les sénateurs, les directeurs généraux!
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