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jeudi 7 juillet 2011

Bernard Gousse confirmé

Manifestement, le président Michel Martelly décide de voir jusqu'où peuvent aller les parlementaires dans leur position. Avant de s'envoler mercredi pour l'Espagne, il a désigné officiellement Me Bernard Honora Gousse comme Premier ministre en dépit du fait que bon nombre de sénateurs et de députés du bloc majoritaire au Parlement (GPR) se soient prononcés contre ce choix.
Haïti: Il ne se laisse pas intimider. Avec une voix grave, imposante, le chef de l'Etat a présenté mercredi à la nation celui en qui il se confie pour gérer avec lui les affaires du pays. « Avant de me rendre en Espagne à la recherche d'investissement pour la création d'emplois dans le pays, peuple haïtien, je laisse M. Bernard Gousse, le nouveau Premier ministre désigné, entre vos mains. C'est un homme honnête, un rude travailleur, qui va nous aider à établir l'ordre et la discipline dans le pays afin d'atterrir avec le programme économique de Michel Martelly », a martelé le président de la République.
« Je suis un président qui croit dans la démocratie, mais je suis un président qui ne va pas tolérer que la corruption fasse obstacle au changement », a-t-il fulminé, tout en demandant à la population d'être patiente et de lui faire confiance.
« La négociation, a-t-il poursuivi, ne signifie pas compromission ni marchandage. » A qui veut l'entendre, le président Martelly avertit qu'il ne va pas renoncer à ses prérogatives constitutionnelles.
Selon lui, l'heure est venue où la politique et l'intérêt personnel ne doivent pas faire obstacle au développement du pays. Michel Martelly a formulé le voeu de voir la majorité des parlementaires se rallier à sa cause et à celle de son Premier ministre désigné.
« Je devais faire une tournée en Europe mais je pense que l'urgence de la situation exige que les yeux de la présidence et de tous ses conseillers soient rivés sur le terrain pour garantir la bonne marche des débats qui vont se dérouler, a-t-il conclu, dans son intervention avant de prendre l'avion.
« Vous perdez votre temps M. le Président », ont rétorqué des élus du bloc majoritaire au Parlement, le Groupe des parlementaire du renouveau. Pour le président du GPR, tombeur de Daniel Gérard Rouzier, le choix de Bernard Gousse est irrecevable et inapproprié. Selon le député Jean Tolbert Alexis, les membres de son bloc compte déposer une requête au bureau de la Chambre basse pour déclarer irrecevable le choix de Bernard Gousse.
Pour sa part, le coordonnateur de la plateforme INITE qui coiffe le GPR, le sénateur Joseph Lambert, a estimé que le choix de Bernard Gousse ne tient pratiquement à rien et que le président est en train de perdre son temps. Le sénateur du Sud-Est, cité par une agence de presse en ligne, a exhorté le chef de l'Etat à trouver un autre Premier ministre, puisque le vote sera politique.
« C'est un choix qui va soulever beaucoup de controverses. Nous avions conseillé vivement au Président d'orienter son choix sur une autre personne. Une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui au Sénat de la République, le GPR et bon nombre d'alliés ne peuvent pas garantir un vote favorable à M. Gousse », a avancé le sénateur Lambert, sous forme de menace.
Toutefois, il faut souligner que quelques parlementaires, tel le sénateur de l'Alternative, Francisco Delacruz, ont estimé que Bernard Gousse a le profil du Premier ministre capable de mener à bon port la barque du pays.
Par ailleurs, le président du Sénat, Jean Rodolphe Joazil, a confirmé avoir reçu la lettre du président Martelly, confirmant le choix de Bernard Gousse comme Premier ministre désigné. En retour, il va écrire au chef de l'Etat pour lui demander de permettre à Me Gousse de soumettre ses dossiers au Sénat. « On va voir si Bernard Gousse répond aux exigences de la Constitution. Si oui, il sera ratifié, si non, il sera rejeté », a avancé le président de l'Assemblée nationale.
« Si tout va bien et que les dossiers de Me Gousse sont corrects, la commission qui va travailler sur l'affaire devrait remettre son rapport mercredi prochain », a indiqué le sénateur Joazil.

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=94619&PubDate=2011-07-06

Commentaire
Dans ce jeu macabre ou tous les prétextes sont bons pour retarder la marche du pays, il est évident que seuls les intérêts particuliers priment. Si le président choisit quelqu'un dont il sait d'avance qu'il ne va pas être ratifié, et si ces parlementaires ne peuvent résoudre une telle situation que par des menaces, ou allons-nous exactement? Apparemment, le président fait son travail qui consiste à proposer un premier ministre. Les parlementaires qui menacent d'avance de ne rien approuver, ont-ils fait une suggestion au président? Celui-ci aurait-il refusé de les écouter, ce qui est son droit, mais pourquoi? Autant de question qui nous permettraient quand même d'avoir une idée claire sur les règles de ce jeu troublant et criminel ou le peuple est le seul qui perd d'avance.

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