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jeudi 7 juillet 2011

Haïti/Sous-traitance : D’immenses espoirs, mais des craintes d’impacts négatifs du Parc Industriel du Nord sur l’environnement

mercredi 6 juillet 2011
Par Sylvestre Fils Dorcilus
P-au-P., 6 juil. 2011 [AlterPresse] --- L’implantation du Parc Industriel du Nord (PIN), projet des gouvernements haïtien et américain, à Caracol (nord-est), suscite d’immenses espoirs, mais est susceptible d’avoir des impacts négatifs sur la région, selon une étude réalisée par la firme KOIOS Associates LLC.
Jean Palerme Mathurin, représentant de l’État dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, affirme qu’ « il n’y a aucun souci à se faire ».
Le projet inclut notamment le développement des infrastructures routières, de logements, ainsi que l’accès à l’énergie, selon les initiateurs.
La perspective de l’implantation du Parc industriel du Nord (PIN), dans la zone frontalière de la République Dominicaine et Haïti, représente, de l’avis de plusieurs résidents de cette localité, une occasion unique d’atténuer le fossé économique qui ne cesse de se creuser entre les deux pays partageant l’Ile.
Selon Renord Joseph, représentant direct du pouvoir central dans le Nord-Est, la mise en place à Caracol d’un Parc industriel constitue un des grands atouts pour ce département sur le plan micro-économique.
A long terme, 40 mille emplois directs et à temps plein seront créés par la mise en place du Parc Industriel du Nord (PIN), selon les prévisions de la firme KOIOS.
Agée d’une trentaine d’année, Yole, chômeuse, croit, elle aussi, que l’installation des usines contribuera « largement » à l’amélioration des conditions de vie de la population, qui vit dans un chômage grandissant.
« En grande majorité, la population jeune ne travaille pas. Comme dans tout le reste du pays, le chômage bat son plein dans ce département. Certes, les conditions de travail des ouvriers dans les industries sont très critiques, mais je pense que le parc industriel aidera beaucoup les jeunes sur le plan économique », témoigne la jeune femme, résidente de Caracol.
Ronel Dorsainvil, représentant local de la première section communale de Dumas (Fort-Liberté) où les autorités projettent de construire 500 logements dans le cadre de l’exécution du projet, s’attend à une réduction du taux de chômage.
« Comme d’autres départements du pays, le Nord-Est fait face à de sérieux problèmes socio-économiques. Le nombre élevé de chômeurs est lamentable. Je pense qu’avec la mise en place d’un Parc industriel à Caracol, les conditions de vie de la population vont s’améliorer », éspère-t-il, plaidant en même temps pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers dans les usines.
D’éventuels impacts négatifs
La firme KOIOS Associates LLC engagée spécialement pour réaliser une étude d’impact de la mise en place du PIN, a déjà soumis son rapport aux instances concernées via le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF).
L’étude – dont le coût total n’a pas été révélé – porte sur plusieurs aspects, en particulier les impacts et risques environnementaux que le PIN pourrait avoir sur la zone. Le travail visait non seulement à relever les avantages sociaux-économiques mais aussi identifier les conséquences du projet.
Au terme de son étude, la KOIOS fait état d’un certain nombre d’impacts « négatifs » comprenant le déplacement potentiel des personnes habitant sur le site du parc ; l’afflux éventuel d’un grand nombre de personnes et la pression qui en résulterait sur l’infrastructure physique et sociale existante.
L’épuisement des ressources en eau et la pollution sonore sont à craindre, souligne KOIOS. Les procédés industriels des usines (et de la centrale électrique), qui peuvent inclure des émissions atmosphériques, des eaux usées et des déchets résiduels, d’une part, la poussière, l’évacuation des déblais découlant des travaux de construction d’autre part, sont au nombre des conséquences.
« Si une proportion suffisante des recettes fiscales supplémentaires était consacrée au développement et à l’amélioration des infrastructures sociales et physiques de la région, beaucoup de ces effets négatifs pourraient être évités ou atténués », souligne le rapport d’étude de la KOIOS. [sfd kft gp apr 06/07/2011 17:30]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article11248

Commentaire
Avec un tel projet, dans toute communauté organisée, dans tout pays civilisé, sans ignorer les inconvénients, les bénéfices seraient certains. Tout au moins au plan de la création d'emplois. Or, en Haiti, les mots "organisé" et "civilisé" doivent être pris avec des pincettes. Quand on vit dans un pays ou les autorités elles-mêmes ne se sentent pas obligées de respecter la loi, les citoyens, et particulièrement les citoyens honnêtes, sont perdus. Car les autres, par leurs tapages mêmes peuvent intimider les autorités et obtenir des bénéfices sectoriels, accordés non par le souci de remplir un devoir, mais par la peur de ne pouvoir faire autrement sans confronter des problèmes. Voilà en deux mots la mentalité de ceux qui ont toujours gouverné ce pays. La multiplication des gangs de rue n'est pas un hasard. Surtout pendant le gouvernement d'Aristide. Un exemple pour confirmer...? La Reynolds Haitian Mines (1944-1974) a passé des années à exploiter de la bauxite en Haiti (750 000 tonnes/an). Pour s'enrichir et enrichir les proches de Duvalier, elle a obtenu la permission de ravager la ville de Miragoane. En quelques années seulement, il ne restait qu'un immense désert à la place de cette ville ou les rivières, les ruisseaux, les cours d'eau que mentionnaient les livres de géographie n'existaient que dans la tête des citoyens les plus âgés ou dans ces livres-là. Sur le terrain, d'immense traînées de pierres, de poussière et de terrains vagues et inutiles offraient leur désolant spectacle à l'observateur qui avait le courage de supporter d’être là. M. Martelly va-t-il faire la différence? S'il connait Miragoane et ce que cette ville a subi, peut-être. Mais il y a davantage, la ville des Gonaives a hébergé la SEDREN qui, en un temps record, a exploité 1 500 000 tonnes de minerai sans que nous voyons le moindre bénéfice tiré par cette ville de l'exploitation de ses ressources. Peut-être un jour quelqu'un s’intéressera-t-il à y faire des études pour voir dans quelle mesure les nombreuses inondations ayant affecté cette ville, qui a déjà coûté des millions de dollars à l’état et aux citoyens qui perdent leurs biens, seraient liées à ces antécédents-là.

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