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vendredi 3 décembre 2010

Jude Célestin brise le silence

Jude Célestin s'estime être dans une « position confortable » après le dépouillement d'une importante partie des procès-verbaux obtenus. Confortable, le candidat à la présidence de la plateforme présidentielle INITE a appellé le CEP à l'application de sanctions contre les candidats ayant violé l'article 122-2 de la loi électorale en manifestant le 28 novembre. L'ex-patron du CNE, qui s'est ouvert dans un entretien exclusif au journal Le Nouvelliste, a cependant refusé de réagir face aux rumeurs relatives à sa vie privée et à ses études.
Haïti: « On espère que le CEP sanctionnera ceux qui ont violé l'article 122-2 de la loi électorale », a confié le candidat à la présidence Jude Célestin lors d'une interview exclusive accordée au quotidien Le Nouvelliste le jeudi 2 décembre 2010.
Assis sur une galerie de chez lui, à Pèlerin, dans les hauteurs de Pétion-Ville, le candidat a pris le temps de lire l'article de la loi électorale qui stipule que « ... toute manifestation publique en faveur d'un ou plusieurs candidats, d'un ou plusieurs partis, groupements politiques ou regroupements politiques est formellement interdite le jour du scrutin et jusqu'à la proclamation des résultats ».
« Il n'y a pas de récompense pour ceux qui respectent la loi électorale, mais il faut pénaliser ceux qui la violent », a renchéri le candidat de la plateforme présidentielle Inite, s'appesantissant sur la gamme de sanctions, allant de la prison à la privation des droits civiques et politiques, applicable contre tout contrevenant.
Le ton grave, se présentant comme un légaliste, respectueux des prescrits de la loi, Jude Célestin a souligné qu'il est « un homme responsable qui pèse et soupèse chacun de ses actes ». « Si on avait une attitude aussi irresponsable en mettant dans la rue nos partisans, on aurait vécu un dimanche noir, le 28 novembre. On a contenu nos partisans, qui voulaient eux aussi manifester dans les rues. Il fallait éviter l'escalade, car si on sait où commence une manifestation on ne saurait savoir où elle s'arrête », a-t-il dit, en référence aux manifestations conduites par des candidats à la présidence le jour du scrutin.
« Le devoir de tout citoyen briguant un poste de responsabilité électorale est de ne pas antagoniser la nation », a indiqué Jude Célestin qui s'est dit stupéfait face au revirement de ceux qui avaient participé au scrutin, demandé son annulation, puis sont revenus sur leur position le lendemain pour clamer leur volonté d'aller au second tour.
« C'est enfantin et irresponsable », a estimé Célestin en insistant, par ailleurs, sur son choix de laisser le CEP faire sereinement le décompte des voix. « Nous sommes en train de traiter nos procès-verbaux et il y a un pourcentage traité qui nous met dans une position confortable », a révélé l'ex-patron du CNE.
« Si les résultats officiels correspondent aux résultats que nous aurons obtenus après avoir comptabilisé nos procès-verbaux, INITE se soumettra au verdict du CEP. Sinon, on suivra les prescrits de la loi électorale et on produira une contestation », a-t-il indiqué en soulignant n'être intimidé par aucun candidat. « Nou pi plis, nou pi fò », a martelé Célestin qui dit assumer « la continuité de tout ce qui a été positif ces dernières années », et cela remonte à plus loin que la présidence de René Préval, a-t-il soutenu.
« La continuité, c'est la théorie du cycle qu'il ne faut pas casser. Dans la continuité, il y a aussi le changement. Il faut continuer avec les réformes. On doit continuer avec la bonne gouvernance économique, la construction de routes, de ponts, des grands chantiers dans le domaine de l'infrastructure. La production agricole qui a augmenté doit se poursuivre et s'intensifier. Il faut aussi initier d'autres chantiers, dans le domaine du logement notamment », a-t-il indiqué.
Invité à comparer la position de sa plateforme à celle d'autres regroupements politiques, le successeur choisi par René Préval a relativisé : « Inite constate que beaucoup de candidats à la présidence ont des plans alors qu'ils n'ont ni candidats au Sénat, ni candidats à la députation. Ils se méprennent sur les rôles et les attributions du chef de l'État. La plateforme Inite a une vision, un programme de gouvernement et de grandes orientations stratégiques. La plateforme a 92 candidats à la députation, 11 au Sénat et 1 à la présidence. Et nous avons des sénateurs déjà en fonction », a poursuivi Jude Célestin.
Le candidat au sourire le plus connu du pays a aussi averti que sa plateforme est prête à assumer le pouvoir.
Questionné sur ce qu'il fera s'il n'est pas élu, Célestin a répondu : « Je suis dans une plateforme politique. Nous sommes jeune et rempli d'énergie et nous croyons dans l'avenir du pays. Haïti a besoin de nous et des candidats malheureux. D'ailleurs, dès que nous serons élu, nous ferons appel aux adversaires d'hier pour qu'ils soient les amis de demain. Nous présumons que nous avons tous un intérêt commun : Haïti ».
En outre, pour le candidat, être président de la République c'est avant tout se mettre au service de la population. « Ce ne sera pas une jouissance de devenir président d'Haïti. Il n'y a aucun privilège à être président, mais des devoirs envers les citoyens et citoyennes de ce pays frappé par tant de malheurs », a dit M. Célestin.
« Je pense être capable de le faire, et nous avons une structure politique solide et de l'expérience », a-t-il poursuivi, avant de se présenter comme un rude travailleur, un homme ayant la capacité de diriger.
Par ailleurs, interrogé sur ce qui s'est passé au centre de vote de Pétion-Ville où il a été voter dimanche dernier, Jude Célestin répond ceci : « J'avais été à un Centre d'Opération et de Vérification (COV) pour faire le transfert, car, en 2005, je travaillais aux Gonaïves pour les Nations unies et avait fait mon CIN là-bas. On avait tout vérifié sur Internet pour nous assurer que le transfert était effectif et je savais que je devais voter au bureau # 4 avant d'aller au lycée de Pétion-Ville. Ne pas retrouver mon nom est dû à une erreur du système », croit Célestin qui s'étonne encore.
Malgré l'insistance du Nouvelliste, le candidat à la présidence n'a souhaité réagir aux nombreuses rumeurs relatives à sa vie privée et à ses études. Il s'est contenté de citer un vieux proverbe haïtien : « Se sou mango mi yo voye wòch. » « Ils essayent de détruire notre image mais ils n'y arriveront pas », a-t-il ajouté, sans citer aucun secteur en particulier.
D'un air sûr et décontracté, Jude Célestin paraît très confiant quant à son élection à la magistrature suprême.
Cette interview exclusive accordée au Nouvelliste ne serait qu'une première qui sera suivie par d'autres a promis celui qui a été l'oiseau rare de la campagne électorale. « Je vais être plus disponible pour la presse», a-t-il lâché dans un sourire, avant de commencer à égrener des souvenirs de la campagne électorale.
Robenson Geffrard et Roberson Alphonse
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=86347&PubDate=2010-12-02

Commentaire
Quelle est l'information à retenir ici, s'il vous plait? Jude Célestin a brisé le silence pour dire quoi?

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