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dimanche 9 janvier 2011

Les principaux obstacles à la reconstruction d'Haïti

Haïti: La communauté internationale a promis près de 10 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti après le violent séisme du 12 janvier 2010. Mais cette aide ne parvient qu'au compte-gouttes. En voici les principales raisons:
PROMESSES NON TENUES - La quasi-totalité des 5,3 milliards de dollars promis pour les deux premières années a été légalement validée, mais seulement une petite partie de ce montant (1,2 milliard) a été concrètement allouée. Et les nouveaux engagements se font rares. Sur les 2,1 milliards de dollars promis pour 2010, moins de la moitié, a effectivement été utilisée. Les Etats-Unis, plus gros contributeur, ont reporté à 2011 le versement de la quasi-totalité de leur aide (1,17 milliard de dollars), déboursant seulement jusqu'à présent un dixième de celle-ci. Sur le terrain, seulement 5% des décombres ont jusqu'à présent été dégagés et un million de personnes ne disposent toujours pas d'un logement, selon l'association humanitaire Oxfam.
MEFIANCE RECIPROQUE - Avec plus d'un millier d'associations humanitaires en Haïti, les autorités locales disent redouter que celles-ci finissent par diriger le pays. Mais les donateurs préfèrent souvent confier leur argent aux ONG, craignant qu'il ne serve qu'à alimenter un puits sans fonds s'il était directement versé au gouvernement.
COMMISSION INEFFICACE - La Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH), co-présidée par l'ancien président américain Bill Clinton et le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, est chargée de gérer l'aide internationale. "Jusqu'à présent, la Commission n'a pas été à la hauteur de son mandat", a jugé cette semaine Oxfam, l'accusant de "manquer d'énergie". Fait révélateur: ce n'est que cette semaine que la CIRH, dont le mandat expire fin octobre, a proposé de créer un bureau consacré à la lutte contre la corruption.
AVENIR POLITIQUE INCERTAIN - Des violences ont éclaté en Haïti en décembre à la suite de la publication des premiers résultats contestés des élections présidentielle et législatives du 28 novembre. La divulgation des résultats définitifs est reportée à une date inconnue et nul ne sait quand le deuxième tour, initialement prévu le 16 janvier, pourra avoir lieu.
PROPRIETE DES TERRES - L'installation des sans-abri dans des camps sûrs et propres est reportée de manière indéfinie du fait que les terrains disponibles autour de la capitale Port-au-Prince sont détenus par de riches propriétaires. Une élite, dominée par une poignée de familles, contrôle la plupart des secteurs économiques du pays ainsi que son système politique.
DEMOGRAPHIE - Malgré un taux de mortalité infantile élevé, la population haïtienne augmente de près de 2% chaque année. Quatre Haïtiens sur dix ont moins de 14 ans et la plupart des 10 millions d'habitants du pays vivent avec moins d'un dollar par jour.

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=87578&PubDate=2011-01-08


Commentaire
Toutes ces raisons sont valables pour expliquer la situation du pays. Mais, comme on le comprendra facilement, il y en a d'autres, beaucoup d'autres. L'inefficacité du gouvernement de Préval, la corruption de la classe dirigeante tant dans le secteur privé que public, l'absence totale d'infrastructure pour canaliser l'aide, la coordination de l'aide internationale (plus marquée par le dessein de propagande que d'efficacité), mais aussi, et là, c'est plus grave, le manque d'intérêt de ces mêmes institutions - les ONG - pour une solution réelle. Car il faut qu'il y ait une justification pour que ces groupes restent en Haïti. Cela aussi est une source d’emploi. Tout ce qui a été dit n'enlève rien au mérite de ceux qui, loin de tout regard, de toute publicité, de toute considération personnelle, se sacrifient pour ce peuple comme ils le feraient pour leurs propres enfants. Mais ceux-là, généralement, n'obtiennent pas d'appui. Ils ne sont pas assez médiatisés. Est-ce qu'on comprend ce dilemme?

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